samedi 28 avril 2018

Le discours d'Émmanuel Macron sur la Francophonie

SUITE DE L'ARTICLE PUBLIE SUR HAITI OBSERVATEUR DU 25 AVRIL 2018

PAR MICHELLE MEVS

LE DISCOURS D'ÉMMANUEL MACRON SUR LA FRANCOPHONIE

Emmanuel Macron dit que la langue française est une langue de référence: “C’est aller chercher son oxygène dans des textes, dans une mémoire qui toujours ont célébré l’indépendance d’esprit et le refus des conventions. Et le hasard de nos histoires partagées, de nos géographies parfois nous ont conduit aussi à avoir cette langue en partage. C’est pour cela que nous admirons le combat des Québécois, des Belges, des Suisses, des Luxembourgeois, Monseigneur, Madame, pour porter haut le français.

Emmanuel Macron dit que le français donne accès à et permet l'ouverture au monde: ...Parler le français, l’écrire, c’est entrer dans une immense communauté d’expériences et de regards.

Quel est le rôle assigné dorénavant à l'Académie Française selon Emmanuel Macron, ? “Et tandis que je parle de notre “langue archipel” me voici avec vous en ce lieu. Et si je suis ici c’est parce que l’Académie française fut un lieu séminal pour cette immense aventure de la langue française. …

...L’Académie a été conçue pour protéger la langue des coups de force inévitables de ceux qui veulent la soumettre à leur agenda politique ou dogmatique et faire de la langue non pas un être qui vit et respire mais un outil soumis au programme de quelques-uns. L’idée fondatrice fut que la langue française ne vivrait réellement que si l’on donnait la prééminence à l’usage, que les règles donc devaient être préservées et observées contre les précieuses et les précieux de tous temps, et nous en avons encore. C’est là conférer à la langue une dignité particulière, cela suppose qu’on ait d’elle une conscience très élevée qui ne la réduise pas à être un outil de communication mais soit la substance même de ce qui nous fait humain. 

Emmanuel Macron souligne la responsabilité propre à la France dans ce contexte la langue française et de la participation des pays de langue française... Se rapportant à la langue française: “...C’est aujourd’hui un acte de confiance en notre langue que nous sommes résolus à accomplir, car nous sommes au seuil d’un moment nouveau de notre histoire et de l’histoire de notre langue. Nous passons de l’idée ancienne d’une francophonie qui serait la marge de la France à cette conviction que la francophonie est une sphère dont la France avec sa responsabilité propre et son rôle historique n’est qu’une partie agissante, volontaire mais consciente de ne pas porter seule le destin du français…”

Emmanuel Macron Souhaite prendre en considération à travers ses Ministres: les voix, les opinions, initiatives sur la Francophonie, ...une sorte de consensus: “Jean ROUAUD en a exprimé l’enjeu en des termes d’un lumineux optimisme : « désormais déliée de son pacte avec la Nation, écrit-il, libérée de l’étreinte de la source-mère, devenue autonome, choisie, retournée à son champ premier, nourrie par d’autres aventures, n’ayant plus de comptes à régler avec la langue des anciens maîtres, la langue française a de nouveau à proposer, vue d’Afrique, d’Asie ou des Caraïbes, de Chine ou d’Iran, d’Amérique du nord ou du Vietnam, son interprétation du monde, un monde sachant que sans récit il n’y a pas d’intelligence du monde”. cette méthode conduisant à demander à toutes les voix qui souhaitaient s’exprimer leurs idées pour la francophonie. Les ministres ici présents auront à conduire ce travail chacune et chacun dans leur domaine.”

De plus, Emmanuel macron informe que ce programme est issue d'un laboratoire d'idées, de consultation opérées en dehors de la France autrement dit, il a tenu compte des opinions externes: “mais ça n’a pas été pensé seulement depuis un lieu à Paris ; ce fut le fruit d’un travail partagé, nourri par des voix multiples de tous les continents. Aujourd’hui si nous voulons répondre à ce grand récit, cette interprétation du monde que nous voulons et pouvons porter, il nous faut réussir en quelque sorte à apprendre, échanger et créer en français.C’est autour de ce triptyque que je veux en quelques instants revenir et échanger avec vous.”

Emmanuel Macron souligne l'importance des professeurs qui enseignent la langue française: ...C’est un immense défi et nous ne relèverons celui-ci que si nous savons faire se lever une génération nouvelle, militante, ambitieuse, une génération de ces héros bien particuliers qu’on appelle les professeurs de français. ...Je ne pourrai le nier mais je veux néanmoins dire que toute notre histoire, l’histoire de notre pays fut constituée par ces héros et notre capacité à porter le français y compris dans des terres où notre langue a reculé ; nous avons réussi à le faire par ces héros que sont les professeurs de français...Le professeur de français est le garant et le moteur de la vitalité même de la langue française. Nous savons tous ici notre dette à l’égard des éveilleurs qui nous jettent parfois contre gré dans les méandres de la grammaire et dans les grands espaces du roman ou de la poésie, faisant croître en nous ce qui était encore confus, latent. Notre première et plus grande responsabilité est ainsi de rendre ses lettres de noblesse au métier de professeur et singulièrement au métier de professeur de français…”

Emmanuel Macron entreprend une vision plus académique de l'enseignement en France. Reformes de “l'Education nationale” en France: Réduire le nombre d'élèves dans les classes etc...: “C’est pourquoi nous avons dès le début du quinquennat décidé qu’il fallait en effet parfois remettre des règles, rouvrir des classes, réduire le nombre d’élèves par classe dans ces lieux de la République les plus en difficulté, où on a concentré toutes les difficultés et où le français avait reculé. Dès le mois de septembre dernier, le ministre de l’Education nationale a ouvert dans ces zones dites d’éducation prioritaire des classes de CP, suivront des CE1 puis encore d’autres pour réduire le nombre d’élèves par classe pour regarder en face ce qui était devenu une banalité pourtant inadmissible, celle qu’un enfant sur cinq arrivant en CM2 dans notre pays ne savait pas maîtriser ou la langue ou le calcul ou l’écriture comme il le devait. Nous avons donc remis des maîtres, quelques règles, remis l’évaluation sans laquelle on ne sait mesurer si l’on a appris ou pas, et réussi je crois à aussi remettre dans l’esprit de chacun, et au premier chef les parents, que parler une langue s’acquiert par des efforts, par ce travail. Nous poursuivrons avec le ministre de l’Education nationale cette tâche parce qu’elle n’est pas pour autant terminée mais nous avons ainsi remis au centre de ce combat pour le français l’école et le professeur.

Faut lire des oeuvres classiques mais également des oeuvres en provenance de toute les cultures (francophones), dit le Président français. Pour convaincre Il fait du “name dropping”. A titre d'exemple : “...Apprendre le français, c’est bien entendu également lire et c’est ce que dès la rentrée dernière le ministre de l’Education et la ministre de la Culture ont ensemble porté et que nous poursuivrons. Lire c’est entrer dans la substance de la langue, mais aussi dans sa mémoire et son imaginaire...La lecture sera au cœur de l’école, cela a commencé, le livre offert chaque année le sera encore davantage et les exercices ainsi se poursuivront.” La lecture redeviendra le cœur de l’apprentissage notamment dans les quartiers où nous l’avions laissé reculée, où la langue française elle-même s’est abîmée.

“ ...Lire aujourd’hui, c’est lire aussi la littérature écrite en français aux quatre coins du monde. Je souhaite que des auteurs de langue française soient enseignés dans les écoles françaises mêmes s‘ils ne sont pas Français ou d’origine. C’est ainsi que les élèves de France apprendront à goûter le sel de leur langue dont les écrits coruscants d’Ahmadou KOUROUMA, Driss CHRAÏBI, François CHENG, Milan KUNDERA, HAMPÂTÉ BÂ, Aimé CÉSAIRE, NIMROD et tant d’autres ici présents.

J’ai ainsi décidé que la journée du 20 mars serait désormais dédiée à la connaissance des littératures en langue française à l’école.”

Mais encore: “...Des exercices qui permettent de forger avec la langue ce contact étroit seront multipliés, de la dictée à la pièce d’éloquence, de la lecture à voix haute à la chanson, de la récitation à la réflexion sur la racine des mots qui passent en France par la revitalisation résolue des langues anciennes qui sont la matrice même de notre langue, et d’où procède cette autorité même dont je parlais.

LE RÔLE DU LIEU DE LA BIBLIOTHÈQUE Lire, c’est aussi avoir un lieu pour lire ; il y a l’école, certes, mais il y a aussi la bibliothèque. C’est en ce sens bien entendu que les recommandations formulées par Erik ORSENNA et Noël CORBIN dans leur rapport rendu à la ministre de la Culture il y a de cela quelques semaines seront suivies scrupuleusement. Parce que parfois retrouver la bibliothèque fermée lorsqu‘on rentre le soir ou lorsqu’une ou deux journées n’est livrée à la disponibilité des parents ou des enfants, c’est renvoyer à un espace de tranquillité, d’intimité qui n’existe pas, c’est priver d’un espace d’échanges, de hasards ou de rencontres...L’ouverture des bibliothèques, c’est un combat pour l’émancipation ; ouvrir dans les villes et les villages où cela a du sens, où c’est souhaité, porté par les élus, les maires au premier chef, ouvrir ces bibliothèques, c’est permettre à des enfants qui n’ont pas de livre dans leur famille, c’est permettre à des enfants pour qui travailler en famille n’est plus possible, d’avoir accès aux livres, à la tranquillité qui l’accompagne, au silence, à l’échange choisi, c’est mettre fin à cette idée que trop encore peuvent avoir en tête que ça ne serait pas pour eux ; les bibliothèques sont le lieu névralgique de cette formation personnelle…”

Les immigrés et particulièrement les jeunes filles auront droit à la langue française pour leur intégration: “Ce devoir d’apprendre le français en France s’impose de manière plus impérieuse au moment où nous devons accueillir des femmes et des hommes chassés par la guerre et leur donner un destin au sein de notre communauté nationale. Je ne vois pas de meilleur titre de séjour pour eux que la langue française et c’est par là aussi qu’ils entreront dans la Nation, c’est par là qu’ils trouveront leur juste place. Et si on ne leur donne pas cette chance, si on ne leur donne pas cette possibilité de rentrer dans notre pays par et dans la langue, quelle place prétend-t-on leur donner ? Aujourd’hui les réfugiés ont droit à 250 heures au maximum de cours de français ; je vous défie d’apprendre le français en 250 heures. Ce volume sera porté à 400 heures et même 600 heures pour les personnes les plus vulnérables et les plus éloignées de la société française qui ne maîtrisent ni la lecture ni l’écriture. mais encore. LABEL PROPRE “...Nous accompagnerons les associations, les établissements éducatifs avec la délivrance d’un label propre, en mettant aussi dans chaque ville des bibliothèques et des médiathèques de référence parce que la langue française n’est pas simplement un outil d’intégration ; elle est l’intégration. Et je salue ici le travail que plusieurs associations présentes en ces lieux font chaque jour pour des élèves réfugiés venus de Géorgimjne, d’Afghanistan, de Libye, de Syrie...

Emmanuel Macron a la même volonté d'accomplissement pour son pays la France que pour les les “territoire hors de nos frontières” -dit-il: “..Cette exigence que nous portons sur notre territoire national, je veux la porter hors de nos frontières de la même façon car il est de la responsabilité de la France de faire vivre nos Francophonies au service des peuples non pas comme un faux-nez de notre empire colonial, comme certains le prétendent, mais parce que nous croyons dans le destin de notre langue, dans ce qu’elle véhicule, dans ce qu’elle dit du monde où nous vivons sans surplomb aucun. C’est pour cela que la France s’est engagée tout particulièrement de la même manière pour l’éducation et pour la formation des maîtres. Ces deux combats sont décisifs.

Emmanuel Macron souligne l´orientation de l´Aide publique au Développement français à l'international, un secteur prioritaire selon lui l'éducation des jeune filles… J’ai voulu que la France, dans l’action qu’elle mène à l’international – et nous l’avons constamment porté avec le ministre –, puisse, à travers son aide publique au développement, réaffirmer son engagement fort pour l’éducation, en particulier l’éducation des jeunes filles qui recule aujourd’hui dans tous les terrains où la terreur monte et où l’obscurantisme essaie aujourd’hui de prendre le dessus.

Il nous faut donc nous battre en investissant, ce que la France fera dans le cadre du Partenariat mondial pour l’éducation, mais aussi dans son aide bilatérale pour l’éducation, l’éducation des jeunes filles en particulier en Afrique et tout particulièrement au Sahel.

Point de vue E´Emmanuel Macron quand à la Formation des Maîtres à partir des organisations françaises: Nous nous battrons aussi pour la formation des maîtres, car il importe de continuer à accompagner à cet égard toutes les initiatives d’appui à une éducation de qualité en France qui soit accessible à toutes et tous et en particulier avec le déploiement à tous les pays d’Afrique francophone du Programme d’accompagnement des enseignants Apprendre réalisé en lien avec les agences de l’OIF, la création d’un fonds pour améliorer l’accessibilité aux ressources pédagogiques et la mobilisation du ministère français de l’Education nationale et de ses opérateurs pour proposer des dispositifs innovants de formation initiale et continue et le renforcement des actions bilatérales menées par nos ambassades.

“...La stratégie présentée aujourd’hui et que les ministres auront à cœur de détailler s’appuiera sur des initiatives qui viendront compléter ces dispositifs et le travail remarquable conduit sur ce sujet par l’OIF…”

“...Nous mettrons ainsi en place un volontariat international pour le français à destination des pays prioritaires et doublerons le nombre de missions du service civique sur cet enjeu. Nous aiderons la Fédération internationale des professeurs, elle aussi accompagnée par l’OIF, pour œuvrer dans ce cadre…”

Davantage d'écoles françaises dans le monde. Stratégie partenarial entre la France et les pays... “Mais ce travail passera aussi par un élan nouveau donné aux lycées français. La France dispose aujourd’hui de 500 établissements dans le monde accueillant 350.000 élèves. C’est la colonne vertébrale de notre offre d’enseignement à travers le monde. Il sera consolidé, dynamisé pour garantir sa pérennité et répondre à la demande croissante. Les moyens seront maintenus. Le ministre, à l’été, proposera une stratégie pour mieux associer le secteur privé et je veux ici remercier tous les Etats qui accompagnent dans ce travail. Et j’ai eu l’occasion de le faire hier mais je veux en ce lieu vous le dire, Monseigneur, remercier en particulier le choix qui a été le vôtre pour notre lycée français au Luxembourg et l’investissement qu’avec votre gouvernement, vous avez décidé de faire pour que nous continuions à être présents. Nous allons aussi développer les établissements partenaires avec l’objectif de doubler le nombre d’élèves accueillis au sein du réseau scolaire français d’ici à 2025.” Une stratégie des partenariats: Des pôles régionaux de formation seront créés pour former les nouveaux enseignants, par exemple, au Mexique ou au Liban. Et partout où je passerai, je poursuivrai de manière méthodique des stratégies partenariales qu’avec le ministre et le secrétaire d’Etat à la Francophonie, nous conduisons inlassablement qui consistent à nouer des partenariats pour que dans les systèmes éducatifs de chacun des pays, le français soit davantage et mieux enseigné, que nous puissions aider à ces investissements, mais qu’ils soient choisis par chacun de ces pays.

Pour accompagner leur développement, la mission de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger en la matière sera renforcée: “En dehors même de nos établissements, les filières bilingues francophones sont en effet très demandées à l’étranger, du LAFAYETTE Academy de New York jusqu’au lycée Guangming de Shanghai en passant par le 18e lycée de Zagreb. ’objectif est qu’en 2022, le réseau des écoles proposant des sections bilingues francophones de qualité portant le label France Education regroupe 500 établissements contre les quelque 209 actuellement.”

Transfert des université française sur les campus des pays francophone: Dans le domaine de l’enseignement supérieur, je souhaite aussi que nos établissements osent s’implanter hors de nos frontières et se regroupent dans des campus, comme au Maroc, au Sénégal, demain en Tunisie avec la future université franco-tunisienne de l’Afrique et de la Méditerranée. Il s’agit de doubler dans ces formations le nombre d’élèves en 2022.

Les co-diplômes doivent doubler dit Macron: La ministre aura elle aussi à conduire cette stratégie, comme elle a commencé à le faire, et les Assises des universités francophones et la conférence en mai prochain à Paris des 20 ans du Processus de Bologne mettront au cœur de la réflexion les co-diplômes dont je souhaite également le doublement.

Nous pouvons réussir ce pari, si nous décidons d’y investir à nouveau et si nous marquons ce volontarisme.Mais sans être présents à travers les professeurs, par nos écoles, par ces partenariats, par nos universités, nous ne réussirons pas à faire que le français soit bien appris...”
Meilleur accueil pour les étudiant étrangers en France pour ce qui qui vont apprendre en France: “...Il nous faut aussi pour cela bien accueillir les étudiants étrangers qui viennent apprendre en France. Dans son livre corrosif « La préférence nationale », Fatou DIOME relate de façon drolatique les avanies d’une étudiante sénégalaise finançant ses études par des emplois de maison. Nous ne pouvons plus être ce pays opposant aux étudiants étrangers un parcours du combattant dont Fatou DIOME décrit avec un humour grinçant les détours. Les effectifs de la mobilité étudiante dans le monde vont fortement augmenter dans les prochaines années. La France devra accroître le nombre d’étudiants étrangers sur son territoire et le nombre de ceux qui viennent des pays émergents doublera parce que la langue française est ce bien qui nous lie. Étudiants indiens, russes, chinois seront plus nombreux et devront l’être.” 

E.M recommande l'amélioration des condition d'accueil pour étudiants étrangers en France : Nous devons d’ores et déjà tout faire pour rénover les conditions de leur accueil. J’ai donc demandé à la ministre de l’Enseignement supérieur de concevoir un plan d’ensemble avec le concours de Campus France.C’est ce plan qui sera présenté début 2019. Dans le même esprit, une Maison des Etudiants francophones sera créée à la Cité internationale universitaire de Paris. Sa construction commencera cet automne et elle proposera 150 places aux meilleurs étudiants du monde francophone. Apprendre le français dans notre pays, dans des endroits où parfois nous l’avions abandonné. Apprendre le français dans le monde francophone comme ailleurs est donc la base, le socle sur lequel nous pouvons construire.

Contenus francophones …Nous disposons de titres de qualité, de marques fortes. Elles sont déjà présentes à l’étranger, mais nous pouvons redoubler d’ambition et l’Etat accompagnera cette ambition ainsi repensée car c’est la possibilité de promouvoir nos créations artistiques, journalistiques, des contenus francophones qui disent quelque chose de cette interprétation du monde que j’évoquais tout à l’heure, qui portent un regard sur le monde, un regard critique, y compris d’ailleurs par rapport à la politique même que mène la France dans certains de ces endroits et dans toutes ces régions. Mais c’est indispensable.

Ambition de Emmanuel Macron pour la France par le Français : Faire du français une langue utile. “...C’est pourquoi le second objectif, le second défi est de faire du français une langue majeure d’échange, de communication et, en quelque sorte, de faire de cette langue une manière d’échanger non hégémonique et j’y reviendrai, mais aussi de créer un usage utile de la langue française, une efficacité, la possibilité offerte d’un accès à quelque chose. Le français est cette langue qui doit permettre d’accéder à un travail, à d’autres opportunités, à des espaces linguistiques, géographiques qui permettent de communiquer, de partager une information, de contester, de travailler, d’accéder à des possibles. Il nous faut donc penser et présenter – et c’est l’ambition profonde, séminale de l’Organisation internationale de la Francophonie – cette ambition d’avoir aussi un français utile, efficace et nous devons pleinement l’assumer… 

Technologie et E.N. recommande la promotion de la langue française à travers l'extension de la technologie numérique: Si le monde en ce 20 mars bruisse de la langue française de façon presque vertigineuse, il résonne aussi de toutes les autres langues. Tout le monde s’y exprime tout le temps avec des relais technologiques toujours plus puissants, portant au jour des paroles ignorées, donnant un surcroît de puissance aux paroles instituées. Et la langue française est souvent bousculée par d’autres langues qui visent à l’hégémonie. Elle a d’ailleurs reculé ces dernières décennies parce que nous l’avons parfois abandonnée, parce que nous avons décidé d’arrêter d’investir. Et au Moyen-Orient ou en Asie, force est de constater que, alors qu’il y a 15 ou 20 ans, il était évident de parler le français, ça n’est plus tout à fait le cas.”

Le projet de Emmanuel Macron pour le numérique : “Nous mettrons en place le premier incubateur dédié à l’apprentissage des langues, la Fabrique numérique du français. Nous réunissons pour cela des ingénieurs, des chercheurs, des linguistes, des artistes, des entreprises innovantes, coordonnés par l’Institut français, avec un projet qui, à l’heure de l’intelligence artificielle, a pour but de ne laisser ce nouveau continent ni dans la main des Anglo-Saxons ni dans la main des Chinois. Il nous faut en effet, à travers ces initiatives, promouvoir le français, les contenus en français, les contenus académiques, scientifiques et la présence de tous les locuteurs sur la Toile. La Francophonie doit pouvoir dès maintenant s’imposer dans les technologies les plus innovantes sans quoi elle sera vite exclue du champ des langues insérées dans les nouveaux modes de communication. ...Une grande partie de cette bataille se joue bien entendu sur la Toile. Les Français s’y défendent, y sont représentés. Le français y est la quatrième langue. Sur AMAZON, les livres en français occupent la troisième place mais nous ne devons pour autant pas nous satisfaire de cette situation. “ La Francophonie doit affirmer plus clairement ses atouts et le combat sur les plateformes, les réseaux sociaux est à la fois politique et culturel. C’est pourquoi les universités francophones doivent accélérer la mise en ligne des contenus académiques et des ressources pour la recherche et l’enseignement. Nous encourageons les universités du monde...”

C´est utiliser le France Media Monde: “Ce combat, c’est aussi celui qui passe par notre puissance de feu médiatique. La France a la chance de pouvoir s’appuyer sur une institution puissante, France Médias Monde. Il suffit de se rendre à l’étranger pour en mesurer l’influence. 135 millions de personnes sont touchées chaque jour. Nous devons rehausser notre ambition, parvenir dans les deux ans qui viennent à plus de 150 millions”.

La présence des médias français: “...Et je souhaite aussi que l’ensemble de nos médias français et francophones réfléchissent davantage à leur projection hors de nos frontières, à leur résonnance internationale, qu’elle soit télévisuelle ou radiophonique, mais également sur la Toile…”

Les medias francais et des pays francophones: comment traiter la fausses informations? Pour reconnaître le crédible, macron recommande la certification. Et cette préoccupation rejoint intimement notre combat contre les fausses informations et pour une presse libre et indépendante. Les médias en langue française doivent apparaître comme des médias de confiance car ils le sont. Ils pourraient même mettre en place cette certification que Reporters Sans Frontières appelle de ses vœux. L’AFP à cet égard peut jouer un rôle central car son maillage mondial est exceptionnel. Faire alliance sur ce sujet avec les grands médias francophones serait un atout considérable. Nous pourrions aussi entraîner dans ce défi les grands médias européens, réalisant ainsi entre l’Europe et la Francophonie une alliance inédite et une ambition mondiale à un moment où l’information trop souvent sert des intérêts particuliers ou des agendas hégémoniques. Mais c’est une réalité.

Et donc nous devons sur ce sujet n’avoir aucune naïveté. La ministre de la Culture aura à porter un texte important qui concerne une toute petite partie de ce sujet en France en période de campagne électorale.Mais il y a tout un continent, celui du statut de l’information, des vérités et contrevérités. Il existe et il s’articule dans des langues et je crois que c’est un défi à la hauteur des médias en langue française. Former les professionnels de l’information dans la Francophonie est ainsi une tâche urgente si nous voulons que ces agendas ne s’imposent pas à tous.

Canal France International, notre opérateur pour la coopération entre médias, intensifie ses interventions dans les zones francophones prioritaires, notamment au Liban, au Maghreb et en Afrique subsaharienne, afin de renforcer les capacités des médias en particulier dans le domaine numérique.

La formation des journalistes qui sera doublée en sera un pilier majeur et la langue française en sera le ciment parce qu’informer en français, débattre en français a du sens, sans doute aujourd’hui encore davantage qu’hier. 

Reconquérir l'économie: “Mais sur ce vaste forum mondial, il est un terrain que la Francophonie doit reconquérir, c’est celui de l’économie. Parler des usages de cet échange en français, de ces accès que j’évoquais tout à l’heure, c’est aussi parler du monde économique. “

Que dit E.M. de l´économie par rapport au déploiement de la Francophonie-nouvelle-génération-à-la- Macron? “ Il y a donc bien une Francophonie économique qu’il nous faut ré-embrasser, dont il faut retrouver la vigueur, celle-là même que le rapport de Jacques ATTALI en 2014 proposait de promouvoir avec plusieurs dispositions, qui d’ailleurs demeurent toutes d’actualité. Aussi la solution n’est jamais d’imposer une langue ni de jouer la rivalité des langues. La solution est de permettre la pluralité des langues notamment dans les échanges commerciaux. C’est pourquoi je souhaite qu’en Europe, soient enseignées deux langues en plus de la langue maternelle parce que l’anglais n’a pas vocation à être la seule langue étrangère parlée par les Européens. De même, je souhaite que nos écoles de commerce attirent plus d’étudiants étrangers et contribuent à un nouvel élan du français comme langue des affaires. Les entreprises doivent aussi prendre leurs responsabilités.

Proposition de certification“…Et nous accompagnerons les entreprises dans ce travail avec, là aussi, des propositions de certification. Cela fait partie des idées qui sont remontées et les associations patronales, les Chambres de commerce, le réseau diplomatique s'impliquent dans cette évolution..”

Constat et comment appréhender le Plurilinguisme: “Lorsque je me suis rendu à Davos, je me suis d’abord exprimé en anglais, puis en français. Certains auraient préféré que je ne m’exprime qu’en français mais s’exprimer en anglais dans une enceinte réunissant la communauté des affaires, c’est d’abord utile et c’est montrer que le français se construit dans ce passage, dans ce plurilinguisme, dans cette capacité à parler la langue de l’autre, y compris lorsque c’est la langue devenue dominante, parfois à visée hégémonique, dans le monde des affaires, mais aussi pour ramener ceux qui parlent anglais à la langue française lorsqu’il faut parler des valeurs qui nous guident et du regard que nous portons sur la mondialisation.”

E.M appelle à l'acquisition d'autres langues par les français pour qu'il en arrivent à un multilinguisme international. L´uniformité linguistique n´est pas recommandable: “...La tentation de faire de l’anglais la langue de travail doit le céder à un effort pour favoriser le multilinguisme et les échanges interculturels sans quoi les entreprises elles-mêmes seront gagnées par une uniformité linguistique, donc culturelle, largement contradictoire avec le monde tel qu’il est.

Bruxelles: C’est pourquoi aussi nous renforcerons notre dispositif de formation linguistique destiné en particulier aux responsables européens. Bruxelles fera l’objet d’un effort particulier, en lien avec nos partenaires belges, parce que nous sommes en train de vivre un paradoxe dont vous goûterez aujourd’hui le caractère quelque peu intempestif.

Mais après tout, cela ne dépend que de nous. Pour que le français et le plurilinguisme retrouvent la place qui doit être la leur, notamment au sein de cette Europe économique, de cette Europe des affaires et de cette Europe des institutions européennes. L’anglais n’a sans doute jamais été aussi présent à Bruxelles au moment où nous parlons de « Brexit ». Cette domination n’est pas une fatalité, il nous appartient simplement de retrouver là aussi quelques règles, de réinvestir certains lieux et de refaire du français une langue par laquelle on accède à ces opportunités que j’évoquais.

“...Toute la stratégie européenne en matière d’aide publique au développement, de coopération s’articule sur et autour de cette Francophonie et le français est ce qui donne accès à une bonne partie du continent africain à des opportunités économiques tout autour du pourtour méditerranéen comme aucune autre langue. Cette langue de passage, parce qu’elle s’est construite dans le multilinguisme, cette langue d’accès doit être ainsi assumée, présentée, expliquée comme celle qui permet de construire ces opportunités et donc enseigner à cet égard…”

Et c’est pourquoi enfin, lorsque je parle d’usage, lorsque je parle du français comme une langue d’échange, je ne peux pas ne pas parler de plurilinguisme et de traduction.

Précision sur les français et la francophonie “...Au fond, nous sommes le seul pays de la Francophonie qui ne vit qu’en français. La Francophonie, si elle nous dit quelque chose – et je ne me suis pas essayé ici, sous le contrôle de plus experts que moi, à essayer de dire qui était Francophone ou pas –, mais celles et ceux qui parlent en langue française ont une richesse, ils ont plusieurs langues. Il n’y a que les Français qui n’ont que le Français. Et la Francophonie nous enseigne une chose, c’est que nous n’existons que dans ce plurilinguisme. Notre force, c’est de penser ces passages. Notre force – et c’est peut-être là où nous retrouvons par une forme de ruse de l’Histoire le rêve d’HUGO –, notre force, c’est que nous sommes toujours et avant tout une langue de traduction…”