mercredi 20 décembre 2023

MESSAGE DE FIN D’ANNEE DE L’ASSOCIATION DES ENTREPRENEURS DE L’ARTIBONITE (AEA

MESSAGE DE FIN D’ANNEE DE L’ASSOCIATION DES ENTREPRENEURS DE L’ARTIBONITE (AEA)

L’année 2023, qui tire vers sa fin, est la plus éprouvante pour les milieux des affaires.

Particulièrement, dans l’Artibonite, l’insécurité, tolérée à dessein politicien inavouable,

provoque la rupture d’approvisionnement, la fermeture de certaines entreprises, des faillites

non déclarées par convenance ou gêne, des licenciements, le ralentissement des activités

agricoles, un taux très élevé de l’inflation, des dysfonctionnements professionnels généralisés.

L’économie régionale s’est effondrée sous l’œil indifférent de ceux-là qui prétendent exercer

les fonctions étatiques. Tout aussi indifférent devant des crimes abominables.

Pour redresser cette situation, il faudra au moins une génération à condition que de bonnes

mesures s’enchaînent à la revitalisation des activités économiques, à la facilitation,

l’encouragement des innovations, à l’élimination des obstacles institutionnels qui freinent les initiatives entrepreneuriales. Le concentrationnisme de l’administration centrale est anachronique, contre-productif, idiot même. On est au 21e siècle, Haïti ne peut survivre avec les réflexes coloniaux. Le « tout par et pour la métropole « est devenu tout par et pour Port￾au-Prince. Le « tout par et pour les colons » est remplacé et systématisé par tout par et pour les oligarques. On en est venu dangereusement à entretenir des milieux infrahumains dans les zones rurales, dans les ghettos urbains et suburbains. Même des secteurs d’investissement comme les ports, les zones franches etc. sont considérés comme des réserves patronymiquesde la grande famille élargie des prédateurs de l’Etat, des détrousseurs traditionnels de la société, sans que cela soit prescrite par la loi, ni acceptable par la conscience humaine. Au lieu de promouvoir, encourager, élargir le bataillon des investisseurs dans les provinces, on tend à le réduire. Des projets importants, générateurs de nombreux emplois tardent à être soutenus dans le Nord-Est, dans l’Artibonite. L’incident du port de Saint Louis du Sud ravive l’impression que les pratiques discriminatoires pèsent encore sur les territoires régionaux.

Dans cette période de crise exceptionnelle, de graves difficultés d’approvisionnement, des entrepreneurs gonaïviens, voulant recourir à des importations directes, se sont vus opposer le blocage du port sous l’empire d’une mesure gouvernementale aussi insensée que préjudiciable. Les provinces ne demandent qu’à voir préserver leurs droits économiques. Il faut changer globalement l’Etat, la Société, et les coutumes individuelles pour faciliter un saut gigantesque vers le progrès économique et social. L'investissement de nos frères et sœurs vivant à l’étranger ne doit plus être perçu comme un acte d’adversité qu’on permet à certains de décourager, déconstruire, déstabiliser surtout dans le domaine foncier. Au contraire, des structures administratives sont à aménager pour attirer leurs investissements et attribuer une prime sous forme d’exonération conditionnelle à ceux qui investissent dans leur milieu d’origine. Ainsi, pourront naître et se multiplier des pôles régionaux endogènes de développement durable.

Pour en donner l’exemple, l’association des entrepreneurs de l’Artibonite (AEA), aura construit en 2024 le pôle de développement de l’Artibonite en collaboration des universités locales UPAG, EDSEG, UNDH/UDERS des Gonaïves, des compétences natives et toute autre unité volontaire de formation et de recherche. Le Conseil de l’AEA se réjouit qu’un nouveau groupe de cadres nationaux, Haïti-Richesses, informé de ce projet, tienne à en participer. Le développement ne peut venir généralement que du partenariat entre l’université et les entreprises, l’Etat jouant son rôle de locomotive intelligente. Que ce modèle soit suivi par les autres départements jusqu’à en constituer un réseautage national solide !

Les milieux des affaires ont beaucoup perdu cette année. Les dirigeants ne s’en soucient guère. Des mesures de compensation doivent être prises en leur faveur, particulièrement, ceux de Martissant à la pointe de la Grand’Anse, de Laffiteau à la dernière limite du Nord Est.

L’Association des Entrepreneurs de l’Artibonite (AEA) n’a cessé de demander et revendique encore que l’argent, réservé autrefois aux parlementaires pour des dépenses d’appoint, soit reconverti en un fonds de garantie au développement de l’entreprenariat régional et que soient prises instamment des mesures compensatoires pour redynamiser l’économie de l’Artibonite, prioritairement l’agriculture, à la suite d’une large concertation soucieuse d’éviter les déséquilibres inégalitaires.

Dans moins de 15 jours, on sera parvenu au premier janvier, la date du 220ème anniversaire de l’Etat national, le premier pays qui a rendu universelle l’humanité et déconstruit l’esclavagisme. Que va-t-on célébrer ?

La honte de liquider l’héritage et le patrimoine précieux des Pères de la Patrie?

- La honte de transformer la liberté en un droit d’oppression économique, sociale, culturelle,

politique des plus forts sur les plus faibles?

- La honte de travestir notre égalité de peuple en un devoir de dépendance, de soumission en

échange de quelques sous à détourner à des utilités personnelles injustifiable?

- La honte de trahir la fraternité par absence de sensibilité et solidarité sociales?

A force de bafouer les valeurs morales qui ont pu faire naître notre pays, nous en perdons les repères, nous le transformons en une jungle infrahumaine où la vie s’effrite en voie dedisparition. Tant que nous n'aurons pas reconnu la prééminence de ces valeurs morales et d’autres généralement acceptables dans l’administration de la chose publique, la gestion des entreprises, la conduite des rapports sociaux et humains, nous n’aurons jamais une vie normale et digne, ni ne pourrons non plus prétendre droit à la reconstruction de ce pays, non plus au respect de son droit international par les autres États et peuples.

C’est le vœu de l’association des entrepreneurs de l’Artibonite (AEA) pour qu’avec courage, détermination, persévérance, nous fassions primer les valeurs morales sur la cupidité, l’insensibilité sociale, l’égoïsme, la haine, la jalousie, l’attachement à la médiocrité, l’adversité à l’entreprenariat. Que désormais Haïti soit une communauté mobilisatrice d’initiatives pour la création et la distribution équitable de la richesse!

Courageuses fêtes de fin d’année à tous !

Gonaïves, le 20 décembre 2023

Pierre Robert Auguste 

Président 


jeudi 14 décembre 2023

VÉRITÉ EN-DEÇA DU MORNE L'HOPITAL, ERREUR AU FOND DE LA MER DES CARAÏBES

CE QUE JE PENSE

Par Pierre Robert Auguste

La cause de l'échec des négociation, coordonnées par les émissaires de la Caricom, se décline simple. L'absence d'une référence institutionnelle ou l'ignorance volontaire des prérogatives juridiques de la Constituion ouvre des autoroutes, certes accidentées,  à tous les abradacabra comme  solutions de sortie de crise. Chacun veut à lui seul tout le pouvoir contre tous les autres.  Le fait que l'Etat n'est incarné par personne, par aucun antagoniste, on les perçoit déchirés comme auto-jobeurs ou agents commis de placement administratif.  Le fait évident que les éminentes personnalités de la Caricom n'ont su rassurer qu'ils sont des médiateurs et non des envoyés de Washington et du Core Group pour sauver le Premier Ministre Ariel et maintenir un plan occulte provoque et amplifie  des irritants. Elles ont tous perdu, les trois parties, le Caricom, le Gouvernement d'Ariel, ses opposants admis aux discussions. Elles se confondent toutes dans un cynisme hostile au peuple.

Cependant, il faut continuer à négocier. Cette fois-ci avec le sérieux et l'incarnation des valeurs morales et humaines. La route à prendre c'est de retourner plus près de la Constitution et tirer de son esprit un Président de la République issu du pouvoir judiciaire, quand bien même  ce serait à l'échelon le plus bas,pour vu qu'il soit auréolé de l'intégrité et de la force de caractère nécessaires. Jouissant de ses prérogatives présidentielles, il constatera ce gouvernement démis et en appellera à des propositions pour la formation d'un autre suivant les principes d'incarnation préalablement concertés et convenus entre les protagonistes, tout en veillant à la représentativité équitable. Pendant que dure  cette nouvelle phase transitoire, toute poursuite judiciaire  sera suspendue en raison des faits liés aux crimes administratifs.

Tout ce dont Haïti a besoin et qui lui manque encore aujourd'hui c'est un réseau d'hommes et de femmes d'Etat qui comprennent ce qu'il faut faire pour traiter avec l'Internationale, pour sauvegarder l'intégrité du pays, reconstruire la cohésion sociale, fonder la réconciliation nationale, éliminer les nuisances pertubatrices des oligarques, redonner espoir et renouer les contemporains aux idéaux de grandeur, à la conscience de leur humanité universelle, aux rêves possibles de progrès économique, social, culturel. Messieurs et mesdames. N'avez-vous pas peur que la désespérance sociale ne devienne populaire, ensanglante les tripes, particulièrement les vôtres? 

Pierre Robert Auguste

vendredi 8 décembre 2023

LES FAUTEURS DE PARADOXES

CE QUE JE PENSE

LES FAUTEURS DE PARADOXES 

Par Pierre Robert Auguste 

   Au moment où les émissaires de la Caricom entament avec les parties haitiennes les pourparlers sur leurs propositions de solution à la crise compliquée d'Haiti, deux questions fondamentalement logiques s'invitent tout naturellement  entre les intervenants choisis inégalement. Quel est le fondement juridique des propositions concoctées par la Caricom? La Constitution,  au nom de laquelle des actes judiciaires  et administratifs sont décidés jusqu'à date,  a-t-elle été suspendue?

Une kyrielle d'autres s'enfilent et  peuvent déranger les sophistes de la communauté internationale qui,enivrés par le désir effrené de puissance,oublient que la respectabilité morale exige une certaine décence intellectuelle. C'est à se demander ce qu'ils entendent en Haiti par Etat de droit. Comment associent-ils à Haiti les droits et prérogatives définis par  la Charte de l'ONU comme attributs essentiels de chacun de ses membres? Qui des envoyés de la Caricom peut fournir l'exemple référencé chez lui du maintien d'un dirigeant dont le bilan est nihiliste, économiquement dévastateur,  politiquement destructeur, socialement inhumain?

Certes, les teasers de Caricom , obnubilés par le syndrome pro-américain de l'haitien et la domination américaine de la politique haitienne, pourraient céder aux illusions de la facilité,croire trop faibles les partis,opposants à Ariel pour ne pas accepter l'aubaine,si aubaine y aura, de participer d'un gouvernement de coalition nationale, allant jusqu'à supposer que Washington ne puisse lâcher Ariel au dernier moment décisif, se refusant de comprendre que l'échéance du 7 février  2024 reste la date de résurrection de l'opposition et celle des funérailles du Gouvernement d"Ariel et consorts. Ils doivent se rappeler que même faible l'opposition est indispensable à la démocratie. 

Et qui représente le peuple haitien dans ce film fantasmagorique aux séquences de démagogie, de bluffs, d'indécence déhumanisante? Tous se persuadent de le représenter. Personne n'est son digne représentant. Le peuple n'attend  que soient révitalisées, la sécurité pour  circuler librement  sans crainte, l'économie pour espérer au moins le pain quotidien. Se succéderont les élections, non pas n'importe lesquelles mais les bonnes. Quoi qu'elle prétende, la Communauté internationale n'en a pas encore inscrites à son actif en Haiti.  Tout ce que je vois depuis ne sont que des fauteurs de paradoxes. 

PRA

vendredi 24 novembre 2023

LA DÉRAISON GOUVERNANTE

 

CE QUE JE PENSE


LA DÉRAISON GOUVERNANTE


Par Pierre Robert Auguste 


Quand, au 21e siècle, on aura voulu référencer un modèle de déconstruction savante d'un Etat, Haiti en offrira l'illustration complète.  Accélérée depuis 2006 par les puissants de l'international occidental fatigués de devoir financer le dispendieux calendrier électoral exigé par la Constitution,   la déconstruction de l'Etat national conduit à un système de déraison qui gouverne les  esprits, fourvoie dans l'extra-légalité,divise dans la recherche du compromis pour le coup de force de déblocage. Car, on en est arrivé à ce point affligeant qu'il n'y a point de solution légale ou constitutionnelle à la dévastatrice crise politique, à la meurtrière crise sociétale, à la destructurante crise économique. Le Blanc en est le premier coupable. Mais il ne veut pas en assumer les conséquences. L'haitien en est le complice exalté comme un petit vicié de l'aide internationale et d'accointances morganatiques "blancomaniaques".  Ils sont tous sanctionnés par l'indifférence de la majorité qui ne croit plus, qui attend l'éveil de la révolte. Enfin le peuple commence à comprendre que sa solidarité est sa seule garantie, sa seule sécurité et que la peur est l'antichambre de cette mort programmée contre son destin.

Le plus effarant,le plus déconcertant reste le manque total de sincérité des acteurs. Ceux qui s'agitent sur la scène en Haiti savent qu'il est impossible aujourd'hui de prendre le pouvoir contre les américains. Les américains ne peuvent avouer que leur principal intérêt est d'imposer leurs points de vue constitutionnels, d'enfanter leur gouvernement au travers d'apparentes élections. Les autres membres ,canadien,français,,onusien commandité, de l'international ne peuvent dire qu'ils ne s'en remettent qu'aux américains dans le dossier. L'ONU ne peut se désavouer comme comparse. La CARICOM ne peut affirmer son incapacité. Ils sont tous englués dans un jeu de dupeurs-dupés consentants... La crise haitienne n'étant pas une priorité internationale. Aucun d'eux n'a le courage d'admettre que toute solution extralégale sera un coup de force et pour cela nécessite de déclarer officiellement en veilleuse la Consitution ou ses articles devenus inopérants. La fidélité à l'état de droit commande ce minimum de décence.

Malgré tout, de nouvelles données géostratégiques apparaissent plus préoccupantes. La destruction de l'Etat est suivie de la désintégration sociale, de l'écrémage démographique et, probablement bientôt, de la dévalorisation foncière. Que faire?

Si la déraison tend à devenir un système avalisant les bêtises, l'esprit doit mobiliser la logique pour faire triompher la morale et sauver l'humanité qui est une dans ses diversités. La déraison, qui travestit le droit international est une violation des principaux moraux qui fondent ce droit et lui assurent la respectabilité. Le soutien extérieur à un gouvernement qui n'a aucune cohésion interne, ni assises populaires est un chèque en blanc sans banque domiciliée  

Pierre Robert Auguste

Président de l'Institut du Changement Global ( ICGH )

samedi 18 novembre 2023

Le Président de l'AEA Plaide Pour la Création de l'Emploi aux Gonaïves

Le Président de l'AEA Plaide

Pour la Création de l'Emploi  aux Gonaïves 

Invité à une causerie par le Rotaract des Gonaives, le Président de l'AEA M. Pierre Robert Auguste a estimé urgent et nécessaire que s'établisse un partenariat entre l'Etat et les entrepreneurs locaux pour que soit facilitée la création de l'emploi et réduit le chômage  qui s'aggrave et déroute la population.

Il a révélé que la Société gonaïvienne industrielle, commerciale et économique, Sogice SA compte lancer en 2024 ses opérations et envisage d'associer plusieurs investisseurs à l'aménagement d'une zone franche industrielle et d'une zone franche agricole  ainsi qu'à la transformation de la mangue de Gros Morne, au traitement des fatras. Si ce bassin de l'emploi, entendu comme la recherche de l'équilibre entre les resources humaines et les potentiels exploitables, ne surgit rapidement, il y aura de fort risque que Gonaïves continuera à présenter un pôle d' instabilité,   étant déjà une bombe démographique sous la menace d'une croissance annuelle de plus de 3 pour cent. M Auguste dit ne pas comprendre l'attitude, inqualifiable, des dirigeants  actuels qui, face à une telle détresse sociale et économique, refusent de laisser fonctionner et normsliser le port des Gonaïves, dont la réouverture régulière apportera un  effet multiplicateur impactant  à l'économie locale, ajoute le Président de l'AEA.

Trop d'obstacles institutionnels, trop de problemes structurels et conjoncturels  rendent le climat des affaires presqu'impossible, note M. Auguste. Cependant, il croit que l'exemple de solidarité, remarquable au sein de Gonaives Debout et de Rotaract Memorial des Gonaives, s'il est suivi et imité par des opérateurs économiques associant des capitaux, pourra servir de bougie d'allumage pour la machine de l'emploi et désarmorcer la bombe sociale qui s'amplifie.

mercredi 4 octobre 2023

Mission-Tour de Barbel Par Pierre Robert August

 


CE QUE JE PENSE

Mission-Tour de Barbel

Par Pierre Robert Auguste 


Si l'autorisation par le Conseil de Sécurité de l'ONU  de la force mutinationale s'aligne facilement à la théorie onusienne de protéger un Etat membre, il faut, au-déla de toute émotion satisfaisante, s'interroger sur les manquements de cette résolution. 

En limitant l'appui à une seule institution sécuritaire du pays, la PNH,alors qu'il y en a deux, la résolution ignore les FADH, pourtant constitutionnellement chargées de la défense de l'Etat national. L'atteinte ne peut être plus intentionelle contre la dignité du pays et, conséquemment, contre l'esprit de la Charte de l'ONUgarantissant la souveraineté, l'autodétermination de chaque Etat membre, pleinement responsable de l'organisation de sa propre sécurité. Cette disposition de la charte onusienne est tronquée aux dépens d'Haiti et sa geste sublime de 1804 réalisée par l'unique armée indigène, renversant l'ordre mondial injuste de l'esclavage et universalisant les droits de l'homme. Quoi qu'on veuille, on ne pourrait ensevelir l'acte héroique du 1er janvier 1804.

Attendre trois mois pour être effective, l'intervention internationale ne se crédite d'aucun sérieux. Ou bien les décideurs internationaux ne mesurent pas l'ampleur du danger qui pèse sur le peuple, ou bien ils versent délibérément dans la dramaturgie de faux semblants caractéristique des interventions de l'ONU en Haiti. L'assemblée générale des Etats membres doit pouvoir demander compte des résultats effectifs et non virtuels ou surfaits sortis de laboratoires commandités .

Entretemps, préfigure-t-on ce que peuvent faire les gangs-terroristes? Croit-on qu' à l'annonce de l'envoi des forces intertionnales,ils vont se réfugier dans des cachettes?

On est plus près d'une nouvelle tour de Barbel,figurative de cette intervention que de réponses claires, réfléchies d'une opération sincèrement dévouée dont la subsidiarité félonne conduira à l'imposition d'une constituion préfabriquée et du choix de nouveaux dirigeants, qu'on appellera à proprement ou mauvaisement parler une nouvelle classe politique. Tout est fait pour ça. Et non prioritairement pour la sécurité nationale. Il nous dira c'est notre affaire. Qui peut?

Pierre Robert Auguste

mardi 26 septembre 2023

DÉMÉSURES

Gonaïves le 26 septembre 2023

CE QUE JE PENSE

DÉMÉSURES

Par Pierre Robert Auguste

La 78ème assemblée générale de l'ONU aura permis de relever la démesure qui gangrène la respectable institution internationale en panne de vitalité morale entre les guerres meurtrières, la confrontation d'intérêts entre puissances militaro-économiques, l'émergence de BRICS en mal de conquêtes et d'alliances territoriales, le réveil courroucé de certains pays africains face aux efforts forcenés de survie d'un Secrétariat général en perte de crédibilité. Ce n'est pas le monde qui est en crise. C'est l'autorité mondiale, incarnée par l'ONU, ses maitres du Conseil de Sécurité, les anciens colonisateurs, les exploiteurs mondiaux, qui le sont, étant incapables de se reconvertir en un nouveau monde qui se dessine à la quête de plus d'équité et de bien￾être partagé. La mondialisation n'aura de sens et d'adeptes convaincus que dans celle du bonheur global: paix, sécurité, le bon cadre de vie pour tous, en tous lieux et en tous temps. 

Le risque est élevé de retour à une diplomatie d'arrogances, de grossièretés vulgaires ,qui ne 
sera que la reprise des relations de sauvagerie, de barbarie, d'égoïsmes effrontés et criminels 
qui avaient donné naissance aux deux premières guerres mondiales. Se croire tout permis est une attitude regrettable, une démesure qui aura coûté cher au prix d'amères désillusions.

Ainsi, Haïti devient-elle, dans l'enceinte de l'ONU, un dossier difficultueux. Jusqu'à présent, 
les Etats-Unis ne paradent que de demi-échecs en tentatives nouvelles. Aucun signe n'apparait 
que la Russie et la Chine soient prêtes à se dégager de leur droit de veto pour ouvrir la voie à une force multinationale vers Haïti. Le contentement du Premier Ministre illégal Ariel Henri, ainsi que celui de ses ouailles commanditées est une autre démesure. Aucune assurance n'est fondée de l'envoi autorisé de cette force. L'établissement subit des relations diplomatiques entre Haïti et le Kenya, qui veut prendre la tête de la force expéditionnaire contradictoire, marque la faiblesse démesurée de la diplomatie lilliputienne de la bande au pouvoir. Les ambassades d'Haïti au Maroc et au Sénégal ne sont-elles pas inopérantes en Afrique? 

Virtuellement, on aurait trois Représentations diplomatiques sur tout ce continent de plus d'une cinquantaine d'Etats d'où sont sortis les ancêtres de la Première République noire du 
nouveau monde ou l'Afrique de l'Amérique.

Il est vrai que de la tribune de l'ONU, M. Ariel Henri a réalisé un coup médiatique opportuniste en se ralliant à la mouvance populaire pour la construction du canal de la rivière Massacre. Les milieux informés savent très bien que, par peur d'Abinader, un rancuneux effronté, et pour ne pas fermer leurs portes d' ex filtrage en cas de révolte populaire toujours possible, Ariel, ses collaborateurs, avaient affirmé ignorer ces travaux, se dégageant de toute responsabilité directe et ne donnent pas encore de signe de vouloir y prendre part, alors qu'il s'agit de travaux publics, à charge de leurs responsabilités premières. Ils devraient s’assurer de leur performance technique. Entre le dire et le faire, la démesure s'étend infiniment.

On ne peut nier que jusqu'à présent, par inhabilité et incapacité populaire de ses contradicteurs et non opposants, Ariel bénéficie du soutien de Washington et d’Ottawa, qui l'ont crédité, chacun, d'une aide financière pour tenter de lui rafistoler des récalcitrants et sauver les apparences capables de vaincre les hésitations nombreuses du restant sceptique de la communauté onusienne. 

Au fort d'une controverse à laquelle la campagne électorale américaine peut imprimer une allure épistémologique, assortie d'une tautologie pertinente sur la crise haïtienne, les 
gouvernements américain et canadien pourraient difficilement justifier comment, en conformité aux valeurs démocratiques, fondement de leur politique internationale, ils sont arrivés à instrumentaliser un organe de l'ONU, le BINUH, pour installer dans un pays membre un gouvernement en dehors de la Constitution de ce pays et à l'encontre des institutions prévues par cette dernière. À la démesuré de l'illégitimité s'ajoute la démesure de l'illégalité aggravante pour en faire une démocratie "deus machiniste" permissive de crimes, d'insécurité et d'instabilité importées.

lundi 18 septembre 2023

Ce que je pense, simple question internationale

CE QUE JE PENSE

SIMPLE QUESTION INTERNATIONALE

Par Pierre Robert Auguste

Quand s’établit une frontière entre deux pays, ils se retrouvent tant par le droit coutumier que par le droit positif dans le cadre d’un régime frontalier qui leur impose deux obligations : la règle du bon voisinage, le respect de la souveraineté ou de la compétence territoriale.

La première implique la coopération entre les peuples et Etats voisins et la nécessité de garanties pour la paix internationale. La seconde contraint chaque Etat limitrophe à ne pas s’immiscer dans les affaires d’un autre territoire et à le laisser librement s’occuper de sa propre gestion. En cas de conflit, la méthode pacifique doit prévaloir et primer jusqu’à un règlement conventionnel, assorti de possibilités de recours aux instances arbitrales ou à la Cour internationale de justice (CIJ). Donc, les armes ne peuvent tenir lieu de décision.

C’est en vertu de ce droit de compétence territoriale que le président dominicain peut décider de fermer la frontière de son territoire. C’est par ce même droit, induit par corrélation, que les habitants de Ouanaminthe, sous l’effet de la souveraineté de leur Etat, peuvent aménager un canal de distribution à des fins économiques. En principe, tout bien frontalier est réputé commun aux territoires voisins, susceptible d’exploitation, de partage équitables. Communauté de biens territoriaux en Haïti et la République dominicaine, la rivière Massacre ne saurait correspondre à l’usage exclusif de l’un ou de l’autre. Comme existe le droit des Traités, comme restent en vigueur les accords frontaliers entre Haïti et la République dominicaine, l’injonction armée du président Abinader de suspendre les travaux de construction du canal de la rivière est illicite et ouvre la voie à une action juridique internationale.

On s’attend à voir les organisations de défense des Droits de l’homme alerter les instances internationales et demander de condamner la violation du droit des traités, la menace de la paix internationale par le président dominicain Abinader. 

Qu’attendent les Etats-Unis, le Canada, la France, l’Union Européenne, l’OEA, le Secrétaire général de l’ONU pour exprimer leurs préoccupations, demander au président dominicain de reculer ses forces On s’attend à voir les organisations de défense des Droits de l’homme alerter les instances internationales et demander de condamner la violation du droit des traités, la menace de la paix internationale par le président dominicain Abinader. 

Qu’attendent les Etats-Unis, le Canada, la France, l’Union Européenne, l’OEA, le Secrétaire général de l’ONU pour exprimer leurs préoccupations, demander au président dominicain de reculer ses forces militaires de la frontière haïtienne, de l’appeler à garantir et respecter les droits humains de tous les haïtiens se trouvant sur le territoire dominicain sous peine d’engager ses responsabilités personnelles.

Car, la présidence impulsive d’Abinader, pirouettant de sautes d’humeur anti-haïtiennes à coups instinctifs racistes, représente une grave menace pour la paix régionale, la stabilité et le développement harmonieux de l’Ile. Seule la coexistence pacifique entre les deux peuples peut favoriser leur croissance économique durable et soutenir leur bien-être social.