mardi 26 février 2019

Une politique étrangère américaine sur mesure

Publié à Haïti Observateur du 26 Fev. 2018
Regard de la Fenêtre

Une  politique étrangère  américaine sur mesure 

Par Michelle Mevs 

Depuis le 23 Janvier 2019,  le Venezuela a deux présidents  controversés:  Nicolás Maduro le socialiste, chaviste,  anti-gringo,  et  Juan Guaidó le président du parlement vénézuélien..

Juan Guaidó s'auto-déclarant président  par intérim  et le voilà  promu et reconnu par  le président américain Donald Trump. Il est également agrée par  la OEA, par l'U.N., par La France, par  l'alliance dénommé  Groupe de Lima constitué de 13 pays d´Amérique latine avec le Canada.   Mais encore, par  les pays sous la bannière de l'extrême droite tels le Brésil de  Jair Bolsonaro  l'Argentine de Mauricio Macri et le Pérou de Martín Vizcarra. Il a  même été   imposé  au peuple haïtien mécontent de cette reconnaissance  par le président décrié d'Haïti Jovenel Moïse. 

Les Etats-Unis d'Amérique ayant avec ce dossier  Venezuela,  à portée de  main,  un succes story potentiel, -puisque sa situation économique y est en chute libre-  Ils  en ont  fait leur proie.  Par contre,   d'autres nations comme  l'Arabie Saoudite et la Russie bénéficient d´une grande  bienveillance de la part du  Département d'Etat Américain.

En Haïti on a coutume de dire  que tous les doigts de la main ne sont pas égaux  pour l'utilité  qu'ils peuvent avoir. Il en serait de même pour  le Venezuela comparé à Haïti.  Du point de vue des Etats-Unis d'Amérique et en réalité, le Venezuela a grande importance. Elle renferme  la deuxième réserve pétrolière au monde, ce  qu´ Haïti n'est pas.

Si ces deux nations sont également en crise humanitaire, que leurs  peuples  respectifs souffre de misère, manquant  de tout, expriment  leurs   frustrations au quotidien, le  Venezuela est au bord du gouffre et pour Haïti  c'est carrément pire! On aura  néanmoins  compris concrètement dans les faits,  que la politique extérieure  des Etats-Unis d'Amérique, vis à vis de ces deux pays  n'est aucunement  similaire.

L'une des raisons sous-jacentes  de ce traitement différent  concerne  les intérêts à engranger par les Etats-Unis. Il s'agit de récupération de richesse  pétrolière  en perspective  à l'encontre de  la prise  en charge d'une  forte population  haïtienne agonisante!

En ce sens les Etats-Unis d´Amérique poursuivant la politique anti-conformiste,  populiste et  illibéral du président Donald Trump, l'homme d'affaire spécialiste en deals,  au slogan nationaliste America First (quand  les intérêts américains priment sur celle de toute autre nation ou entité),  voguent sur  une ligne de politique étrangère et diplomatique  non-orthodoxe.

Politique qu'il faut chercher à décrypter. Il en  va de l´avenir d´Haiti. 

Mais il y a également un  fait évident a prendre en considération.   Les motifs  qui la sous-tendent  ne sont pas nécessairement basés sur des principes  moraux, sur  les droits de l'homme ou sur  le système démocratique mais  se situe en rapport majoritaire  avec des  intérêts économiques, des promesses de campagne de Donald Trump, des effets de rupture de système  pour satisfaire  l'électorat à travers une communication infox ou sensationnaliste.

Tout ceci en vue d'un renouvellement de mandat du président américain  en 2020.  Donald Trump cherche déjà à capter l´atout électoral  qu'est la  communauté latino, ce réservoir potentiel de 400 000  vénézuéliens et tout autres latinos  vivant  aux USA  et  en majorité en Floride...On connaît l'importance du scrutin de la Floride.

Faisons référence pour commencer à la fameuse doctrine Monroe de 1823,  ce  principe constant de l'histoire politique américaine du  XXème siècle qui prône  encore à ce jour  l'Amérique aux américains et l'Europe aux européens...créant ainsi une zone d´influence sous mainmise  exclusive américaine. Le Vénézuela comme Haïti  sont  géographiquement de la sphère américaine. 

la stabilité, le management  de la région, son marché,  reviennent aux Etats-Unis d'Amérique.   La migration vénézuélienne de 10% de sa population vers les pays avoisinants  tel que la Colombie perturbe énormément. 

2000 immigrants  vénézuéliens au quotidien en font leur pays d'adoption.  Un tel fardeau,   facteur d'inquiétude risque  de troubler l'ordre régional. De sorte qu'elle met en lumière la ligue anti-Maduro que représente  l'Alliance de Lima et l´opposition de bien d'autres pays au régime chaviste. Ces nations sont particulièrement concernés par leur futur propre  et leurs intérêts nationaux d´autant plus que les Etats-Unis d'Amérique sont un partenaire incontournable....

En ce qui concerne Haïti. 

Les Etats-Unis de Trump  y appliquent le principe  ideólogique  isolationniste  (ne pas intervenir militairement en Haïti),  illibérale… (prendre pour Haïti  des décisions  unilatérales et en exiger l'acceptation par des voies détournées). 

Basée sur de multiples  critères évolutifs  encore  à définir  au plus près, la politique américaine par rapport à Haïti est intransigeante et sans appel.

Nous  l'avons constaté récemment durant   la crise-haïtienne du lock-pays (pays en grêve et fermé pendant 10 jours  la semaine dernière);  mais, crise  non-résolue malgré la reprise partielle  des activités locales.
Il faut savoir que   le président républicain Donald Trump ne modifiera pas son style.  Il est tout simplement  imprévisible, en rupture avec de nombreux  accords et  traités  classiques. Le Canada comme le Mexique en ont fait l'expérience pour ne citer que ces pays.   Trump  est  foncièrement  nationaliste.

En Haïti, alors que la population haïtienne dans sa majorité   n'a de cesse de réclamer dans la rue  sur le béton, dans la presse radio et écrite, sur les réseaux sociaux,  la démission du président haïtien Jovenel Moïse depuis le 7 Février  pour sa  mauvaise gestion, pour  allégations de corruption et l'inflation galopante qui y sévit:  Les Etats-Unis ne la considère pas Haïti comme la  priorité,  la crise humanitaire qui y sévit.

La réponse américaine adressée  à Haïti et  à sa crise aiguë est  claire et limpide  comme celle du Core Group travaillant en tandem sous rubrique de  la doctrine Monroe:  Le dialogue et les élections sont les seules critères démocratiques à exercer en Haïti. Il n'y a rien d'autres qui puisse satisfaire ni  les Etats-Unis d'Amérique,  ni  la communauté internationale.

A noter que la situation  s'est compliquée  en Haïti  quand le FMI imposait à  Jovenel Moïse  de ne plus subventionner le prix de l'essence à la pompe provoquant en Haïti  à partir  du 7 Juillet 2018, les débuts d'une sanglante révolte populaire qui  s'étalera  sur les mois suivants jusqu'à  l'accalmie de fin de  semaine dernière.

Déjà que  la population était  en  colère contre ses dirigeants.  Le rapport  de corruption PetroCaribe épinglant  le président Jovenel Moïse et des  membres proéminents  du parti allié:  le PHTK etc....  Le dossier  contenant de fortes  suspicions de fraude, la  dilapidation de fonds d´aide à l'investissement  octroyés justement par le Venezuela à Haïti demeurent lettre-morte auprès de la présidence, La population réclamait à hauts-cris que  justice soit rendue que l'argent volé  soit récupéré. 

Une  publication du Figaro nous éclaire quant à la dualité de la politique de Trump sur deux pôles:      «...Il y a, ... deux facettes dans cette position originelle du trump-isme. D'un côté, une «vraie conviction» que les États-Unis n'ont pas «vocation à intervenir partout dans le monde» ; de l'autre, la volonté de «cocher chaque case des  promesses de campagne».

Aux commandes, il y a Donald  Trump.

 Trump pratique en effet  un Trump-isme à dimension électorale souhaitant exécuter ses promesses de campagne, tout en  assurant  sa réélection, mais en même temps pratiquant de  préférence le non-interventionnisme parce que le mode interventionniste   coûte trop cher au pays avait-il déclaré à la presse.

Cependant dans le cas Vénézuélien il menace, comme à son habitude.  Toutes les options sont sur la table répète-t-il . Autrement dit, une intervention de troupes américaines sur le territoire Vénézuélien serait envisageable.

Dans le même temps,  un faucon de l'ère de George W. Bush.

 John Bolton,  77 ans, vétéran  de l'administration américaine, nommé par Trump, conseiller à la Sécurité nationale, mène le jeu en politique étrangère.  Néo-Conservateur connu au sein de l'administration  américaine comme un «va-t-en-guerre,   farouche partisan  de la guerre en Irak. Son  idéologie personnelle   favorise le protectionnisme en matière économique. Il   déclarait que l'hémisphère américain ne pouvait accepter  le régime  socialiste  de Nicolas Maduro. Petit rappel:   Bolton est  un personnage qui pèse  lourd  et au passé entaché de suspicion. Il fut un temps accusé de fomenter sous couvert d'actions humanitaires des opérations de déstabilisation en Amérique latin et en Macédoine etc...

Si Trump est un négociateur qui excelle en menaces  le  bâton et  la carotte,  et en changement constant de cap; par contre  John Bolton lui est connu  pour être un "va-t-en-guerre",   et donc partisan  de  guerre préventive également : C'est dire le danger qui menace militairement le  Venezuela actuellement.

Et concernant Haïti, les réseaux sociaux rapporte que le Ministre des Affaires Étrangère eut à le visiter lors de la surchauffe de la crise haïtienne sans que le contenu de la visite ait été rapporté par voie de presse. Un manquement causant de fortes suspicions localement  dans le public envers le Département des Affaires Étrangères haïtien  au  service aveugle  du président Jovenel Moïse. 

En ce qui concerne le  Venezuela,  Les séquence du scénario s'articulent  comme suit :
Washington à contre-courant de ce qui fut déclaré  par rapport à la situation en  Haïti,  reconnaissait  d'emblé,  un  président defacto:  Juan Guaidó. Un  non élu démocratiquement  mais qui parlementaire élu,  servirait  d'élément  de nuisance  en  confrontant  le président Maduro pour l'éjecter du pouvoir. 

Washington  en mode ingérence  menait à  bien   la reconnaissance de la légitimité de Juan Guaidó  dans le monde, et forcément   celui-ci   remplacerait ou envahissait militairement le Venezuela.

Maduro, cette  bête noire de Trump, comme Hugo Chavez dont il est l'héritier  refuse  de reconnaître l'hégémonie américaine sur son territoire.  C'était en 1998 que Hugo Chavez   commençait  la nationalisation des investissements des compagnies pétrolières américaines etc... Les Etats-Unis ont été les  premiers  importateurs  de pétrol brut  jusqu'à ce que les relations s'effritent. Rappelons que Georges Bush eut à organiser un coup d'état contre Hugo Chavez  qui fut détrôné durant deux jours.

A continuation,  les Etats-Unis d´Obama et de Trump   imposeront de lourdes sanctions économiques et entreprirent  des mesures d´embargo financière  sur   les exportations du Venezuela et sur  les avoirs des barons du  régime chaviste. 

Généreux,  Washington  enverra  de l'aide humanitaire aux frontières Venezuela-Colombie (la carotte)  pour renforcer le pouvoir du  président  de facto dont le gouvernement de Trump  a fait son cheval de bataille contre Maduro.

Nous apprenons par les réseaux sociaux que L'aide humanitaire de la USAID   n'a pu atteindre  la population vénézuélienne le 25 Février. Maduro s'en est assuré, brûlant et menaçant  sachant que cette cargaison  conduirait  à  sa perte. Un intervention militaire est actuellement en discussion et Mike Pence, le vice-président américain s'en occupe au nom du président Trump.

En conclusion, ils seraient nombreux à crier:  deux poids deux mesures! A situation égales, mesures distinctes. Nous reprenons les desideratas du puissant voisin: Haïti devrait garder le status quo  jusqu'aux prochaines élections  de 2020 selon Washington  tandis que  le Venezuela devrait rejeter à tout prix Nicolas Maduro et dont les dernière élections de 2018 n'étaient pas acceptées! 

Mais, en définitif, pour Trump et Bolton, peu importe ce que pense  l'opinion publique  ou  le monde en son entier...  De sorte que pas la peine de rationaliser outre mesure les décisions du  président de la plus grande puissance mondiale. La raison du plus fort étant toujours la meilleure. Donald Trump est le décideur en chef, du moins dans cette partie du monde, l'hémisphère américain .

Approche pour Haïti
L’apparition d'une  nouvelle réalité idéologique: économique,  politique et diplomatique aux Etats-Unis depuis 2016 et  Trump au pouvoir,  suscite  une attention soutenue et une  prise de conscience  en même temps d´ une capacité d'évaluation  hors-du-commun  de la part des  dirigeants de l´ Haïti-en-crise.

Si Haïti dépend de l'aide américaine pour sa survie et  des institutions internationales sous influence américaine,  ne serait-il pas utile de suivre de près les tendances de la politique étrangère américaine?  De les évaluer correctement!

Il est connue  historiquement qu'en diplomatie étrangère,  l'ouverture au monde ou l´interventionnisme  extérieure oscille dans le temps  en pendulum avec une prise de position idéologique  isolationniste.

Actuellement les décisions américaines en matière de politique étrangère représentent un mixte dont la complexité remontent à la personnalité de Donald Trump.

Pour mieux comprendre les raisons sous-jacentes de cet aller - retour de l'idéologie américaine en politique étrangère, disons «qu'elle repose sur le système politique américain.  Ces allers-retours entre ouverture vers l’international et repli sur soi traduisent le plus souvent les rapports difficiles qui existent aux États-Unis entre pouvoirs exécutif et législatif. Ils sont le plus souvent le fait de présidents américains soucieux de donner à leur pays un rôle majeur dans les affaires du monde, en accord avec sa puissance et son influence réelles, mais confrontés à un Congrès qui résiste à leurs ardeurs et les freine.»

A titre d'exemple sur le clivage qui illustre  la politique  Trump.  Le président américain déclarait  qu'il souhaitait que les États-Unis retirent leurs forces de Syrie. Une décision qui pourrait traduire une volonté d'«isolationnisme». 

Par contre, le commandant en chef des armées américaines pourrait entreprendre incessamment  une descente militaire au Venezuela «interventionnisme».

Rappelons également  que  «Le candidat antisystème en a fait l'un de ses arguments de campagne en critiquant l'interventionnisme d'Hillary Clinton, secrétaire d'État en 2011 lors de la guerre en Libye et la chute de Mouammar Kadhafi.»

Donald Trump produit cette  politique chaotique dénoncée  en permanence par la presse américaine  comme internationale et  qui ne cesse de surprendre  aux Etats-Unis comme ailleurs de par le monde. 
Sa caractéristique essentielle en affaires étrangères  c´est qu´elle fait  fi des engagements  antérieurs de son pays et privilège de nouvelles alliances renégociées en faveur des américains.   Le président Trump  mène les enchères sans ambage,  et en contrepartie il apparaît crucial à  tout pays de re-négocier -bilatéralement seulement-  de nouveaux accords.  Si non pas de salut! D´ailleurs  la communauté internationale en est réduite à faire contre  mauvaise fortune bon gré.  Angela Merkel en a pris conscience, de même qu´Emmanuel Macron pour ne citer que ceux-la. Xi Jinping  est en pleine négociation avec Trump sur le commerce international. 

Sous l'égide de Trump, les alliances anciennes sont remises en cause. Le passé est échu.

Si Haïti croit encore que les Etats-Unis ne peuvent  l'abandonner à son sort parce qu'Haïti  se trouve dans  la sphère géopolitique américaine (autrefois on disait dans l'arrière-cour des américains)  ou parce qu'Haïti est un   allié et par conséquent devrait jouir d´une  aide à la  démocratie et d'une assistance  humanitaire du gouvernement américain:  il se peut bien que nos dirigeants trop naïfs peut-être ,  soient  bercés d'illusions et nostalgiques  des temps révolus.

L´idéologie d´une Amérique  agissant selon toute logique et en toute amitié,   en collaboration avec  Haïti,   serait périmée compte tenu d´un  nouveau mode de décision d'un  Président américain atypique mais dont on connaît toutefois, les obsessions et le mode de fonctionnement erratique..

Les analystes politique écrivent ceci:

« La personne désormais chargée de la politique étrangère américaine  privilégie la concurrence plutôt que la coopération, le protectionnisme plutôt que le libre-échange, l'autoritarisme plutôt que la démocratie.»

Cairn traitant de la question de ce que la politique étrangère américaine réserve au monde à venir et nous citons: « ... savoir si l’on n’assiste pas à un tournant de la diplomatie américaine, prémisse d’un mouvement de fond qui va progressivement bouleverser l’ordre international...et faire apparaître un nouveau monde « post-américain », lourd de menaces et de déséquilibres.»  D'où l'inquiétude mondiale par rapport aux tendances de la diplomatie sur mesure de Donald Trump...»

Autrefois quand tout était moins trouble en politique américaine on pouvait écrire:  « ...En fournissant des biens publics internationaux tels que la sécurité mondiale et régionale, la liberté des biens communs et un système commercial libéral, les États-Unis avaient  créé ce qui constituait, de tout point de vue historique, un environnement mondial stable et bienfaisant. Et puis, bienfait et développement. De 1989 à 2016, le produit mondial a plus que triplé. Le niveau de vie est monté en flèche. Plus d'un milliard de personnes ont été sorties de la pauvreté. La mortalité infantile a chuté. Les nouvelles technologies améliorent continuellement la vie quotidienne et connectent les gens de manière extraordinaire.» 

MM
fin

«La Doctrine Monroe:  le Président James Monroe énonçait  en 1823 la « doctrine » portant son nom à savoir que la neutralité des Etats-Unis à l'égard des Puissances européennes devait avoir pour contrepartie la non-intervention de celles-ci dans les affaires du continent américain : (Source cles des langues)

L'isolationnisme est une tendance de la politique étrangère des États-Unis pour une intervention minimale dans les affaires du monde. Il a longtemps été l'un des fondements de la politique étrangère des États-Unis, érigé en doctrine par le président James Monroe en 1823. Il a été historiquement défendu par les deux franges de l’échiquier politique américain, mais il a été mis à mal aux xxe et xxie siècles. (wikipédia)

L´interventionnisme: Doctrine qui préconise l'intervention de l'État dans le domaine économique. En Politique d'intervention d'une nation dans les affaires internationales, dans un conflit où elle n'est pas impliquée.

mercredi 12 décembre 2018

Rassemblement Fraternel POUR AYTI LIBRE


Rafal
                                     
   Rassemblement Fraternel POUR AYTI LIBRE
      Quel Carrefour !
Réflexion Citoyenne.
Extraordinaires moments historiques.
Il est obligatoire de dire quelques mots au sujet de cette situation
chaotique à laquelle nous faisons tous face dans ce pays cher à nos coeurs. En effet, nous constatons avec tristesse et aussi avec un brin de colère un échec cuisant généralisé : Echec des institutions, quasiment inexistantes, échec d’un parlement n’ayant jamais pu se mettre sur pieds, échec d’une
« opposition » incapable de former un bloc et d’offrir une solution viable, échec des collectivités territoriales ayant oublié leurs communes respec- tives, échec de la présidence et d’un gouvernement ayant fait fi des normes basiques de diriger, échec enfin de la société en général pour avoir raté ses devoirs de citoyens.
Pourtant, au milieu de ce marasme, quelques voix s’élèvent et en- traînent plusieurs qui demandent Justice et plus... Un changement en pro- fondeur:
Oui, nous sommes à bout, nous sommes révoltés ...
Révoltés contre les mensonges, Révoltés de la saleté, Révoltés d’être gérer par des valets, des voyous... Révoltés d’être violés, pillés, vendus et j’en passe...
Nous voilà donc à ce carrefour magnifique, celui où il nous faut partir à l’as- saut de notre destinée de peuple en basculant un ordre devenu désuet pour en créer un autre: plus juste, plus vrai , plus sain et pour offrir à tous et sur- tout à nos enfants une certaine dignité sans laquelle la Nation ne saurait se former.
Monsieur le Président, je respecte le titre..., pour diriger il faut une par- celle de sagesse; cherchez donc en vous avec l’aide Divine - si ceci vous est accordé- ce peu de sagesse pour éviter à notre pays l’inconcevable.
Le pourriez-vous? Bref...
 Le fait de ne pas connaître sa Terre, son Histoire, son identité en de- hors d’une certaine indifférence et d’une méchanceté
profonde a mené plus d’un à réaliser cette chose inimaginable: de garder une majorité dans l’esclavage - certainement modernisé - et la piétiner sans comprendre que cet état de choses provoque toujours l’horreur !
De plus, cette démocratie imposée mettant de côté notre culture nous a mené à la catastrophe.
Mais dites... Pourquoi devrions-nous accepter de survivre au quotidien sans l’espoir d’un lendemain meilleur ?
Pourquoi devrions-nous accepter de nous faire tirer dessus pour avoir oser nous mettre debout?
Pourquoi devrions-nous accepter de voir des êtres humains vivre dans un lieu dont le sol est formé par la boue et les matières fécales?
Pourquoi devrions-nous accepter que des cadavres lâchés sur des tas d’immondices soient dévorés par des porcs?
Pourquoi devrions-nous accepter que sur plusieurs décennies la jeunesse d’un pays n’ait pas droit à l’éducation.. à la Vie?
Pourquoi devrions-nous accepter qu’une population soit forcée d’embrasser le vol, le viol et leurs dérivés pour un semblant d’être?
Pourquoi devrions-nous accepter que la misère soit utilisée pour former des gangs et imposer la prostitution au sein de bien des familles?
Pourquoi devrions-nous accepter que des « gangsters » de différents milieux soient devenus la loi ?
Pourquoi devrions-nous accepter que des individus voulant gérer reçoivent des ordres venant d’ailleurs lorsque cette Terre a campé son indépendance et sa souveraineté au prix du sang ?! - Faudra bien vivre dans le respect des uns et des autres avec l’idée d’une fraternité mondiale -;
Pourquoi devrions-nous accepter que nos ressources naturelles soient né- gociées à huis- clos et que le preneur paye quelques millions à certains de nos valets en laissant croupir la majorité dans ce miasme...?
Ça dépasse la logique !
Nou pedi konpann vre...
Nous n’acceptons pas, Nous sommes révoltés. Comprenez-vous ? Imaginez...

 J’entends des voix... « Que dira « zot » ?! Je répondrai : » Arrêter de salir le soleil. »
LA SOLUTION NE DOIT ETRE QU’HAITIENNE.
« Petrocaribe « est l’élément déclencheur ayant permis de mettre sur la table des frustrations que nous traînons depuis très
Longtemps; Et.. ce n’est encore rien face aux dossiers scandaleux si bien cachés.
Donc, l’heure des vérités non dites a sonné et ces vérités vont exploser aux quatre coins ,chaque jour, jusqu’à notre victoire de peuple libre que nous portons au plus profond de nous mêmes.
Nous avons perdu le sens du devoir, du respect, du service, de la dé- cence, de la beauté ... Debout Citoyens, Debout.
Valets, Vendeurs de patrie, Petits vagabonds de tous bords préparez- vous à rendre compte à cette Terre Sacrée, léguée par les anciens... car, ce qui est lancé ne fera pas marche arrière. Un jour, un mois, une année,
plus... ? Je souris...
Le temps n’a aucune importance sur le chemin de la destinée d’un pays mais ce qui doit sera.
On ne commence jamais une mission, quoi qu’elle puisse être, par un acte de trahison !
Pour garder l’impensable, vous êtes prêts à tout dévorer comme toute bête qui se meurt n’est-ce pas ? Hélas... il n’y aura pas de gagnants dans ce combat perdu d’avance contre la vérité et la justice car une promesse arrive et verra le jour... Les hommes ont commencé à s’unir aux hommes avec une seule pensée pour réaliser le rêve.
RAFAL est du côté de ceux qui souffrent, de ceux à qui l’ont vou- draient garder les chaînes aux cerveaux en leur enlevant le droit d’exister, des révoltés d’où qu’ils viennent.
Nous formerons le UN.
La Lumière jaillira, Ayti gagnera.
Ayti
21 Novembre 2018.
AYABOMBE.
Fédora R. Camille
RAFAL (Rassemblement Fraternel pour une Ayti Libre). - Tous droits réservés.-

    Rafal
                              Rassemblement Fraternel POUR AYTI LIBRE
     Kafou danjere !
Reflexion Sitwayen.
Nap ekri istwa toujou.
Nan lòbèy jeneralisé Ayiti ye la, nou blije di kèk pawòl.
Wi, nap gade ak lapenn, ak veksasyon yon echèk tou patou :
Echèk enstitisyon yo ki preske pa egziste.
Echèk yon palman restavèk, ki pa janm ka kanpe dwat .
Echèk yon opozisyon an dekonpozisyon, ki paka bay yon solisyon.
Echèk meri ki blye zòn yo reprezante yo.
Echèk prezidans ak tout gouvènman sankoutya ki paka mennen bak peyi a. San blye echèk sosyete a ki pase anba pye dwa ak devwa sitwayen.
Kelke swa kote’nn gade, tout alantou nou se mal pou wont.
Men... nan mitan gagòt sa a gen sèten vwa ki leve e ki bwote plizyè lòt dèyè yo pou mande Jistis e plis toujou : Yon chanjman total kapital e di :
Nou about, Nou revolte :
Revolte kont manti
Revolte kont salte
Revolte kont tyoul, tret ki bezwen kenbe nou an otaj Revolte kont yon sistèm vòlò, piyajè, asasen elatriye.
He... nou rive nan kafou pou nou pran destine nou kòm Pep pou nous kanpe djanm.
Nap kapote lòd vagabondaj la ki fè fayit- pou nou drese yon lot lòd ki pote Jistis, Verite, ki pi pwòp pou tout Pitit Tè a, e sitou pou tchyovi yo; Pou nou reprann eskanp figi nou, pou mete Nasyon an sou pye.
Mezanmi ! Prezidan, se konsa yo di pa vre?..., pou dirije, fòk ou gen Sajès ak Respè. Kidonk, nou mande w: Rantre andedan w ak èd Bondye Lavi a, si yo pèmèt ou, pou jwen yon ti kras Sajès ak Respè pou peyi a pa tonbe nan katyouboumbe ! Adje...

 Lè w pa konn Tè w, pa konn Istwa w, pa konn idantite w epi ou abite ak malveyan sa mennen nan gwo tèt chaje : Tankou kenbe esklavaj modèn pou yon majorité, pile l epi pa reflechi ke sistèm sa pwodwi tout sak pa bon. Mete sou li ak yon swadizan demokrasi ki pa marye ak kilti nou.
Kounye a, tann mwen la ...
Pouki pou nou aksepte viv san lespwa ke demen va bon ?
Pouki pou nou aksepte kite yo tire sou nou paske nou refize rete nan fatra e nou kanpe?
Pouki pou nou aksepte gade Frè ak Sè nou kap viv kote yo ap gade Labou ak matyè Fekal ?
Pouki pou nou aksepte wè kochon ap manje kadav sou pil fatra ?
Pouki pou nou aksepte ke jèn Lakay pa gen dwa ak bon levasyon e pa gen dwa viv ?
Pouki pou nou aksepte pou nou bat bravo pou vòlò, pou kadejakè ak piyajè ?
Pouki pou nou aksepte ke yo itilize mizè nou pou fòme « gang » e simaye pwostitisyon nan mitan fanmi yo ?
Pouki pou nou aksepte ke « gangstè » tout plim tout plimay tounen la lwa? Pouki pou nou aksepte ke sa ki di yo se Lidè blije ap pran lòd nan men
« zòt » pou dirije, lè nou pran endepandans nou ak san ?
- Viv ansanm nan mitan yon fratènite mondyal pa vle di esklav ! -
Pouki pou nou aksepte ke yo negosye resous Lakay nan kache men e kite sa kap vin chache a peye ti tyoul bò isit kèk milyon epi kite popilasyon an san anyen ?
Sa pa nòmal !
Nou pèdi konpann vre ...
Nou pa aksepte, Nou revòlte .
Eske w konprann Zanmi ? Reflechi...
Kisa m tande la ?... Kisa « zòt « ap di ?...
Map di w, tande m byen : « Sispann sal solèy la ... »
SE LAKAY SÈL KI KA POTE SOLISYON POU TÈ NOU AN.

 « Petrocaribe » deklanche tout fristrasyon ke nap trennen depi twò lontan.
E... sa poko anyen toujou devan gwo dosye ki sere fon.
Kidonk, moman verite a sonnen, sa yo pa vle nou pale yo pwal gaye toupatou, nap sonnen lanbi a ak verite yo, jouk nou rive nan Viktwa final nou kòm Pèp lib ki nan zantray Chak grenn nan nou.
Elas !... Nou pèdi sa nou te konnen kòm devwa, respè, sèvis, diyite epi tout sa ki santi bon.
Kanpe Frè m’ ak Sè m’ yo, Kanpe.
Tyoul, Trèt, Ti vagabon ki sòti nan tout kwen, mwen gen nouvel pou nou :
Pare, paske lè jijman an rive; Nou pral gen pou reponn Manman Tè Sakre sa a ke Zansèt yo kite pou nou veye.
Yo di nou tounen pitimi san gadò ! Se vre ? Ayayay...
Sa ki lage la a, pap kanpe.
Yon jou, yon mwa, yon lane ? Plis ? ... Pa fem ri... Ki enpòtans tan an sou chimen destine yon peyi ? Sak gen pou fèt la ap fèt kòm sa dwa.
Pinga janm ranmase yon misyon pou koumanse l’ ak zak trayizon.
Pou kontinye Gagote, genyen ki Pare pou Manjé tout sa yo jwenn pa vre?
Men... nan konba pou Verité ak Lajistis sa a, fos ki bloke l’ nan pasaj pou rive nan pwopté a pèdi davans e wout la ap ouvri pou pwomès la reyalize.
Pitit Tè a ap bay men yon ak lot nan mitan yon bèl lakansyel ak yon sèl vizyon pou mèvèy la ka akonpli.

Rafal kanpe ak sa kap soufri yo, ak sa ke yo bezwen kenbe nan chèn yo, sa ke yo vle retire tout valè Imen yo epi ak tout revolte yo toupatou.
NA FÈ YON SÈL.
Limyè a pwal jaye, Ayiti ap pote Laviktwa. AYABOMBE.
Ayiti
Jou ki 21 Novanm 2018.
Fédora R. Camille
RAFAL (Rasanbleman Fratènel pour Ayiti lib)
-Tous droits réservés.-

vendredi 7 décembre 2018

Guérilla urbaine en France comme en Haïti!

Le 3 Décembre 2018
Crise politico-sociale en Haïti comme en France. Violence sur Revendications.
Regard de la fenêtre
par Michelle Mevs
Les Gilets jaunes en France et les Sans Gilets dits Pétro-Révoltés en Haïti.

Guérilla urbaine en France comme en Haïti!

 

Quelle émotion quelle stupeur  pour les haïtiens! 
le haut point de l'Etoile assiégé…L'arc de Triomphe vandalisée,  et voilà les "Gilets jaunes" dans l'action à Paris.  Les casseurs et les forces de police  publics engagés dans une bataille rangée de la place de Rivoli aux Champs Elysées. Surprenant!
Ne pourrait-on pas dire que les classes populaires et moyennes sont aussi  enragés en France comme en Haïti?  

Qui l'eût dit, qui l'eut cru?  Certainement pas les haïtiens qui acceptent volontier de s'auto-flageller - particulièrement ces dernières années- comme les -retardés de la civilisation.               Eux, qui pourtant, animés de revendications - réclament  plus de  justice sociale et la  bonne gouvernance anti-corruption.

Durant tout le mois de Novembre, en Haïti,  les Sans Gilets haïtiens  n'avaient pas hésités à exposer leur vie dans un même élan que les Français aujourd´hui.   Ils se jetaient sur le béton de la rue  pour exprimer leur rejet d'un système qui quoique démocratique les larguent à leur bien triste sort.  La corruption, l'insécurité, le chômage, la faim, les forçant à  la honteuse  collaboration dans la résignation sans aucun espoir d´amélioration.

La violente guérilla urbaine en-sus des manifestations de revendication légitime
Un phénomène nouveau prenant  pourtant appui sur de l´ancien. Le facteur nouveau de l'équation  c'est la communication des masses facilitée par  internet et les réseaux sociaux qui permettent  la participation  d'individus épars à un projet.   Et l´ancien c´est le facteur  de  souveraineté nationale  reposant  sur les  peuples.
Il y a panique dans la haute sphère politique que ce soit en France ou en Haïti . Elle  surgit de la menace d'un mouvement extrêmement populaire devenu violent.
La traiter de manière conventionnelle,  dans l'objectif  du rétablissement de l'ordre démocratique, est un défi non seulement pour la classe  politique toute entière,  mais également pour les intelligences  sociétales.

Qui sont les Gilets jaunes francais et qui sont les  tro-Révoltés ou Sans Gilets haïtiens?
Les  Gilets jaunes  francais
«...Parti de divers coups de gueule spontanés en ligne (une pétition, une vidéo, une page sur Facebook...), il (le mouvement Gilet Jaune) a fait tâche d'huile et trouvé une multitude de porte-voix pour transformer l'élan en mobilisations sur le terrain.» publie  les Echos de France.
Sophie Amsili journaliste, explique:  «Partis d'initiatives en ligne, le mouvement a gardé son caractère protéiforme. Pas de leader, mais de nombreux visages dans les médias.»  Néanmoins,  actuellement  de nombreuses figures de proue dont huit  s'expriment en son nom lors de rencontre prévue avec le Premier Ministre français.  En même temps, les élus locaux, sortis en majorité de partis d'opposition, réclament déjà  à Matignon  un moratoire sur la taxe-carburant.
Le pouvoir-d'achat en France à la baisse,  due aux réformes Macron,  en fait la pomme  de  discorde  en rapport avec la politique de réforme écologique, objectif prioritaire d´Emmanuel Macron.
Philippe Huguen de l´AFP pour sa part  précise: «Parti d'initiatives spontanées, le mouvement fédère des citoyens disparates dont la capacité d'organisation surprend les sociologues.» 
Le journal La Croix élabore:   «...le sociologue Benoît Coquard qui observe le 28 Novembre 2018:  pas de «profils-type»,  mais encore, «Ceux-ci se recrutent parmi les classes populaire et intermédiaires plutôt peu diplomées…» 

L'importance de cette mobilisation est énorme:
Ce collectif   comprend 20% des français dans la région  de la capitale comme en province.  (Source: étude Elabe du 28 Novembre 2018).

Fait saillant et incontournable: les Gilets Jaunes  trouvent 85% d'adhésion à leur lutte  dans l'opinion publique française!

Les Casseurs: On le comprend, parmi les participants se retrouvent  les casseurs, des citoyens frustrés et  férus de violence  qui ont  une large participation à la mobilisation des  Gilets jaunes. Ils sont agressifs et équipés  de protection telles  foulard,  casque,  masque anti-gaz lacrymogènes mais également  armés  d'instruments et outils de toute sorte servant à l´agression... Souvent venus de la province en déréliction, des banlieues,  ils sont nombreux à monter  au centre de  Paris  pour que l'oubli des décideurs  fasse volte-face, et  les reconnaissent.


En Haïti, qui sont les les Pétro-Révoltés ou les Sans Gilets ? Elle consiste en une masse d'individus composée des classes populaires et intermédiaires et d´un segment de la classe politique traditionnelle passée à l'opposition. Simultanément, aux Pétro-Révoltés se sont agglutinés une frange d´activistes forts en réseaux sociaux. Ce sont en majorité de jeunes artistes et professionnels de bonne formation, originaires de la classe moyenne aisée et, vivant entre la diaspora et Haïti. Ces derniers sont définis comme les PétroChallengers.

Faut comprendre les faits: Depuis l'érosion accélérée du niveau de vie en Haïti, depuis la dénonciation de la dilapidation des Fonds Petrocaribe par des membres proéminents du parlement dont les sénateurs Evalière Beauplan et Youri Latortue: la population haïtienne des classes populaire et moyennes expriment ouvertement leur rejet quand aux dirigeants politiques et aux élites d´argent - sans jamais être entendu. Les nombreuses manifestations des rues par l´opposition dont Moise Jean-Charles n´aboutissant pas à la conscientisation des décideurs. La corruption et l'impunité ambiante, le abus sociaux n'ayant pas été adressés: les partis politiques les plus populaires se sont cristallisés dans un appel à la démission du chef de l'etat quant à lui, déjà soupçonné de délit. Le salaire minimum ne répondant plus au cours de la vie, les hausses accrues de taxes et impôts -combattues mais imposés- contribuent à la radicalisation des gagnes-petits, des chômeurs, des laisser-pour-compte, des commerçants, des importateurs, de tous les jeunes auxquels l´exil étaient défendus (des mesures anti-migratoires ayant été dressées par les pays antérieurement receveurs d´immigrés haïtiens). Ils vivent habitent en majorité en bidonville, zone de non-droit.

Deux plus Un. Le duo contestataire composé des opposants au -régime en place- rejoint par la masse de citoyens frustrés et par-dessus, arrivés en dernier lieux, le collectif des Petrochallengers. les premiers, les opposants luttent pour atteindre le faîte du pouvoir politique ou tout se trame et se décide... Et les seconds que sont les populations haïtiennes, des citoyens frustrés dans leur droit à la vie, luttant pour leur survie et qui combattent la faim. Les premiers se reconnurent et se retrouvent dans un même slogan #KoteKobPetrocaribea lancés sur les réseaux sociaux par les Pétro- Challengers. Il s´agit d´un appel à réagir émis par ces activistes de l'internet. Les PétroChallengers. Comme leur équivalent, les Gilets jaunes, Ces premiers sont adeptes d´une démarche horizontale, apolitique et sans leader.

En Haïti, il est à remarquer ici la différence entre les Pétro-Révoltés et les Pétro Challengers qui décident de faire dans l'exclusion quant à la participation citoyenne de certains membres proéminents de la société haïtienne. Jeunes, ils rejettent tout participant qui viendrait les rejoindre et qui fait parti de la génération de figures représentatifs des classes traditionelle en place. Ceux-la qui selon eux ont échoués et sont irrécupérable. C'est que ces nouveaux arrivants considèrent néfaste les dangers d'infiltration et par conséquent, s'inquiètent de toute menace de récupération de leur mouvement.

Des impôts, taxes, augmentations des prix de carburant, -combattues par les citoyens mais imposés par le pouvoir du président Jovenel Moïse-- tandis que la corruption, l'insécurité s'aggrave, la «vie chère» bat son plein.
En rétrospective, tout à commencé avec le prix à la hausse du carburant en France comme en Haïti. Les Gilets jaunes  prirent l'initiative de mener des blocages routiers dans l'ensemble de la France. Tandis qu'en Haïti après une première hausse du prix du carburant, les classes populaires et moyennes n'allaient plus accepter une nouvelle  hausse du prix du transport correspondant...D'autant plus qu'elle souffrait  jà de  bien d'autres-frustrations au quotidien--tel que le coût de la vie.
Qui aurait parié, qu'un slogan hashtag #KoteKobPetrocaribea  aurait été la goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase?  Impensable, inouïe, surprenant!  Même si le ver était dans le fruit, ce slogan aura  cristallisé les forces d'adhésion qui jusque là faisaient défaut aux récriminations, aux critiques dirigées par les observateurs et acteurs de la scène publique. Y compris la presse locale traditionnelle et la plus populaire les émissions radio propagées sur youtube.
 Les magouilles en continue  au sein du pouvoir et -associations souterraines avec des  membres de la communautés des affaires-  semblaient alors intraitables, il y a encore quelques mois..,.   L'organisation d'une grande mobilisation nationale pour que les détrousseurs des Fonds PetroCaribe  soient jugés,  devint alors  du ressort de tout citoyen bien pensant. 

La colère des Gilets Jaunes est la même que la colère des Sans Gilets en Haïti; leur violence également. Leur ras-le-bol social et politique , leur sentiment d'humiliation va de paire.  Leurs revendications quant aux revenus (salaire amenuisé), prix du carburant, impôts accrues )  qui leur sont impartis par le pouvoir  également.

Deux présidents contestés
Deux présidents  Emmanuel Macron comme Jovenel Moïse doivent subir la même  foudre d'une population en colère. Emmanuel Macron joue la montre et cède le rôle de négociateur principal à son premier ministre Edouard Philippe. Il en est de même pour   Jovenel Moïse s'appuyant sur son intermédiaire son  premier ministre  Jean Henry Céant. Les populations   françaises et haïtiennes  clament  la démission de leur gouvernant en tête. Alors que Macron joue la montre, Jovenel Moïse joue, plus précisément, l'absence par son voyage à l'étranger. Son voyage au Mexique en diplomate  de bonne volonté semble  n'être qu' une échappée-belle alors que l'extrême volatilité de la situation en Haïti réclame davantage de concentration  de sa part  sur le terrain. En revanche, E. Macron comme E. Philippe n'ont-ils pas abandonnés leur participation aux tribunes de la  Cop21 en Pologne pour ce concentrer sur cette crise inédite en France ?
Une fois certaines similitudes avancées, observons  le clivage des situations  entre la République Française et celle d'Haïti. 
Et, ce clivage est  remarquable. La France, est  ce pays riche et prospère  dont la politique diplomatique,  a fait d'Haïti son extension-cadre culturel dans une relation de  lointain cousinage alors qu'Haïti  est pour sa part enclenché dans une érosion institutionnelle, sociale, économique. Elle  a pourtant  soif et rêve  de liberté,   d'égalité,   de droit de l'homme...Tout ceci ne demeure  pour le moment que  fictionnelle  car les haïtiens ne  parviennent pas  à acquérir cette   liberté économique qui  leur garantirait  cet ambition  d'ordre sociale, d'égalité et de  progrès.     
Il est à  remarquer que l'internet est la même matrice de transmission et l'instrument de communication à l´origine des deux mobilisations Gilets Jaune et Petrocaribe.  De sorte qu'il  faut croire que les chefs d'Etat, les politiciens et la  presse et   leaders d'opinion n'ont pas encore assimilé le facteur  du numérique, son impacte sur leurs populations et différentes communautés. Il apparaît  que les  politiques et les chefs d'Etat formés  à  l'exercice des sciences politiques classiques  n'ont pas encore   appris à gérer ce  monde en pleine mutation. Quand bien même, ils n'auraient pas cette formation, ne  devraient-ils pas  être attentifs et  se faire assister.

Que dire des gilets jaunes en France  et de nos  Sans Gilets ou sans culottes[1]ou Petro Révoltés  en Haïti?
Jamais nous n'aurions pu choisir en Haïti  un vêtement  tel que les  Gilets Jaunes pour symbole  d'une jacquerie ou d'une révolte contre une gestion insatisfaisante d'un  Président et de ses mauvaises décisions.  Tout simplement parce que nous ne portons pas de gilet en Haïti  ni en mode sécuritaire ni en mode vestimentaire. Tout simplement parce que Haïti est à une autre latitude, quoiqu' étant par son histoire commune avec la France, cette  lointaine cousine de la France.
Haïti est par ailleurs  un pays pauvre au point qu'il se retrouve toujours en fin de  de classements des revenus mondiaux par tête d'habitant  tandis que la France est une puissance européenne de grande envergure.
Peu-importe cette considération, on peut constater  clairement de quoi il s´agit dans ces mobilisations, française ou haitienne.  C´est la lutte des homme pour plus de justice. Les Français qui ne sont pas pauvres défendent leur niveau de vie, leur droit à l´ égalité dans une société où le clivage des revenus, la  distinction entre classes sociales, et la centralisation de l'état,   servent d' axiomes. Que dire alors,  quand il n´est que de se rendre compte que les  classes populaires et moyennes en Haïti  ne réclament que ce qui leur est dû  en temps qu'êtres humains:  du pain, du travail, de la dignité dans la bonne gouvernance?

Si j'ai à dessein traité les  manifestants  au MOUVEMENT PETROCARIBE  de Pétro-Révoltés ou  de Sans Gilets, mais pas de PetroChallengers.   -A noter que j'aurais tout aussi bien  les définir comme des  Sans-Culottes- (voir définition en bas de page).   La raison en est simple.  c'est parce que les membres du cercle des dits  Petrochallengers, ces participants à  la mobilisation à l´intérieur du  - mouvement Petrocaribe- ne  forment justement  qu'un  cercle restreint et  en replis sur lui-même. Quoique sa  structure soit  horizontale et donc extensible à volonté, qu´il soit apolitique avec  l'internet pour   matrice.
C´est ainsi que je puis  bien faire comprendre que le principe d'exclusion -érigé en obstacle-  par les PETROCHALLENGERS, ne permet pas d'en faire d'emblée  les seuls  meneurs  ou meneurs prioritaires du Mouvement Petrocaribe.  Il s´agit ici de  cette  bien juste révolte revendicatrice de la classe populaire et moyenne en Haïti.
Il est souhaitable de souligner que  le mouvement Petrocaribe est un mouvement national -de TOUS  et pour TOUT les haïtiens….  et nullement  le collectif  de quelques uns.

Autres aspect à considérer. les Petrochallengers  n'ont pas été à l'origine ou  l'initiateur premier des revendications émises par la population, des plaintes légales portés par des avocats d'envergure, et des nombreuses  mobilisations citoyennes organisées par de courageux  opposants politiques ou chefs de parti déterminés,  sans oublier le positionnement citoyen de la presse qui anima et anime encore  la population. Tous ces efforts   qui ont précédés l'apparition   des petrochallengers ne saurait leur être crédité.  Certe cette nouvelle  étincelle qu´ils ont allumé au sein du Petrocaribe en exhortant à la révolte  aura  trouvé sa place dans le coeur des haïtiens.  La flamme de la revendication anti-corruption aura été entretenue  de longue date par des héros nationaux. Elle  a illuminée d´espoir le chemin du droit, et rassemblé les haïtiens pour redéfinir l'avenir.

Constatons qu'en  France le mouvement   Gilet Jaune ouvre  à  participation citoyenne   permettant  d'y  incorporer    des adeptes de toute origine et trajectoire  jusqu'à  arriver à définir   un  projet dans le consensus.  Actuellement, son objectif fait dans  le  rejet de  certaines décisions unilatérales du pouvoir jugées trop radicales par la majorité. 

La violence. En France comme en Haïti: les séditieux   français cassent, incendient, attaquent les forces de l´ordre   tandis que les manifestants en colère manifestent. Par contre en Haïti la violence des armes à feu et à balle réelles aux  les cartouches  mortelles causent   des pertes en vie humaines  alors que celles-ci  pourraient  être épargnées  par l'utilisation de balles en caoutchouc ou autres instruments de dissuasion moins périlleux.  
les Gilets Jaunes en France, dont l'action culminait en  cet évènement, une  guérilla urbaine sous l'arc de triomphe à Paris comme en province  le 2 Décembre 2018  correspondent  fort bien aux  tro-Révoltés ou  Sans Gilets quand ils se mobilisent  à Pétion-ville comme au Cap-haïtien ou au Cayes, le 18 Novembre dernier.

Ce qui est différent c'est la réponse de protection des vie déployée par les  forces policières françaises  en comparaison avec celles-menaçant de tuer- déployées en Haïti.  En Haïti il y a eut de nombreux  morts mais  en France une personne en comas et une personne ayant un membre malgré les nombreux blessés.
Erika Guevara Rosas, directrice des Amériques chez Amnesty International, a déclaré à la suite des violences survenues après les manifestations de Petrocaribe:
«Amnesty International est préoccupée par les troubles en Haïti à la suite de plusieurs manifestations de citoyens réclamant plus de transparence concernant l'utilisation des fonds Petrocaribe. Nous avons reçu des informations préoccupantes faisant état de l'usage de la force par la police à l'encontre de civils lors de ces manifestations, qui ont fait plusieurs morts et des blessés à la suite d'affrontements avec des armes à feu ».
«L’État haïtien est légalement tenu de veiller à ce que le recours à la force dans le cadre de manifestations soit légitime, nécessaire et proportionné, ce qui signifie que les armes à feu ne peuvent être utilisées qu’en dernier recours et en cas de risque imminent pour la vie des personnes. Nous demandons aux autorités haïtiennes d'ouvrir une enquête indépendante et impartiale afin de clarifier les faits, d'identifier les responsables et de les traduire en justice lors d'un procès équitable ».

Quelques différences dans le traitement policier et le traitement judiciaire des casseurs  entre la France et Haïti ? Contrairement à la France, soulignons  que la violence en Haïti est un fait suicidaire, un acte à risque, mortel pour ceux qui entendent exercer leur droit de manifester. En revanche  les forces de police en France   priorisent  la protection des vies par-dessus  la préservation des biens.
 De plus,  une réponse des autorités judiciaires  pénales s'ensuit contre les individus, suspectés de violence ou de casse,  ceci dans un délai très court. Les services judiciaires siégeant en grand nombre  afin de rendre le  verdicte.

Quelques chiffres de la manifestation du Dimanche 2 Décembre 2018 à Paris et celle du 18 Novembre en Haïti. Quoiqu´il soit difficile de comparer les révoltes survenues  entre la France et Haïti pour des  raisons d'échelle en rapport avec la superficie des  territoires, les populations, le niveau de vie. Tâchons d'en  décrire quelques éléments.   

En France:
Quelques chiffres de la manifestation du Dimanche 3 Décembre 2018: 100 000 manifestant dans toute la France  et 10 ooo a Paris.  287 interpellations dont 1 individu  en état critique;  110 blessés dont 20 appartenant aux  forces de l´ordre. Des vitrines cassées, des magasins attaqués et pillés, des  voitures abîmées et  incendiées,  un  hôtel particulier et  une pharmacie incendiée,   une préfecture  incendié en province etc.   Scène d'affrontement violentes dans les avenues et rues emblématique de Paris entre force de l´ordre avec grillages de protection,  canon a eau,  gaz lacrymogène,  grenades assourdissantes, et manifestants ou séditieux  d'autre part avec  bâtons, barres de fer, peinture, pierres, tout un arsenal d'objets dangereux.   C´est la troisième manifestation des Gilets Jaune en France.

En Haïti.
Le bilan d´une  violence meurtrière  selon Le quotidien haïtien le Nouvelliste de Novembre 2018 et nous citons:
«À travers tout le pays, ce 18 novembre, des milliers de gens ont gagné les rues pour exiger des explications sur l’utilisation du fonds de PetroCaribe et exiger aussi le départ du chef de l’État. Les organisateurs de la manifestation parlent, quand à eux, de 11 morts, 45 blessés et 75 arrestations.Les manifestations ne se sont pas déroulées sans casse. La police nationale fait état de six personnes tuées, cinq blessés, d'une vingtaine de manifestants arrêtés. »

Mais rappelons que peu de jours avant la manifestation  a  eut lieu le terrible  massacre de La Saline le  13 Novembre précisément et  qui a marqué les esprits.  Pour bilan:   59 assassinés,  7 viols,  et 150 maisonnettes incendiées.
Quand à la violence extrême des mobilisation des 6, 7, 8 Novembre, elle demeure  des plus impressionnantes.

M. Mevs
fin


[1] Les sans-culottes sont des révolutionnaires issus du petit peuple de la ville et défenseurs d'une République égalitaire. Ils sont jugés par les autres révolutionnaires comme « radicaux » car ils prônent la démocratie (que nous appellerions « directe » de nos jours), c'est-à-dire sans intermédiaires comme les députés (qui à l'époque se disaient anti-démocrates car « la démocratie serait l'anarchie » [citation nécessaire]). Ils se distinguent par leurs modes d'expression, en particulier vestimentaires 1. Leur tenue comporte un pantalon à rayures bleues et blanches, au lieu de la culotte courte et des bas, portés par les nobles et les bourgeois, ainsi qu'un bonnet phrygien rouge, et une tendance à la simplicité. Ce costume est un signe de protestation, arboré par des avocats, des commerçants, des employés, des artisans, des bourgeois, puis par les membres de toutes les conditions qui se présentaient comme « patriotes » Source WIKIPEDIA.