jeudi 9 août 2018

L'improbable échec de la dame Hillary R. Clinton

Hillary Rodham Clinton
Haïti/Etats-Unis d'Amérique.
REGARD DE LA FENETRE
Femme et pouvoir politique: Hillary R. Clinton”.

Publication Haiti Observateur 

Par Michelle Mevs

“Le féminisme est encore un sujet d'actualité, plus urgent et vital que jamais.” Hillary R. Clinton
“On m'accuse d'être une femme et les preuves sont accablantes.” Frances Perkins

“Mais alors qu'elle cherche à atteindre le poste le plus puissant du monde et qu'Haïti plonge dans un autre abîme politique, un fort segment d'Haïtiens et d'Haïtiens-Américains parle des Clinton avec le même mépris qu'ils réservent à certains de leurs anciens dirigeants.” Yamiche Alcindor 14 mars 2016.

Hillary R. Clinton raconte sur un ton personnel au chapitre “Être femme en politique” de son dernier livre : “Ça s'est passé comme cela” -publié en 2017 et traduit plus récemment chez Fayard-: que le fait d'être femme lui a sérieusement porté préjudice dans sa course à la Maison Blanche. Bien entendu, il ne s'agit pas que de ceci. 

Le livre contient d'intéressantes révélations et le point de vue personnel de la candidate concernant sa défaite face à Donald Trump. Le chapitre concernant la position désavantageuse de la femme en politique mérite toute notre attention. Néanmoins, profitons-en pour analyser ici, en même temps, la perception de l'opinion publique Haïtien et de sa diaspora de l'état de la Floride majoritairement sur Bill Clinton et sur son épouse, Hillary R. Clinton, candidate de 2016 à la présidence des Etats-Unis d'Amérique. Passionnante histoire, car la relation de la famille Clinton et Haiti est loin d'être banale. Elle marque toute une période de notre histoire contemporaine. Et, nul ne saurait ignorer le poids du pouvoir américain sur le devenir d'Haïti.

Hillary explique dans cette dernière parution : “Ça s'est passé comme cela” son enfance, son éducation familiale de même que son expérience dans la sphère publique et celle du pouvoir; Depuis ses tout débuts jusqu'à à sa défaite électorale en 2016, soulignant le dilemme d'être une fille puis une femme aux aspirations égalitaires alors que la “libération de la femme” est encore un objectif à concrétiser dans les faits et comportements en société américaine, le monde politique et de pouvoir. Aspirant à des postes généralement réservés à la gente masculine, elle a dû se battre. Hilary, avocate, Première Dame, sénateur, puis en charge de la diplomatie américaine. Femme politique en position de pouvoir, elle se serait retrouvée tout le long de sa carrière, en butte au questionnement, à l'incrédulité des autres, sur de nombreux points tandis que les hommes, ses collègues et collaborateurs masculins eux, étaient libres de tout cela...Ils le sont encore aujourd´hui.
Hillary Clinton et des membres de son personnel en discussion avec le président Préval et le PM Bellerive, apres le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Après l'élection de Barack Obama, “...source d'inspiration et de fierté pour pour les gens de toute origine et pas seulement les afro-américain.”, écrit-elle; Hillary R. Clinton était convaincue de gagner. Portée par ses compétences et son expérience, elle aurait toutes les chances de devenir la première femme au pouvoir aux Etats-Unis d'Amérique. Elle allait ouvrir une voie royale aux femmes, croyait-elle. Et pourtant, Donald Trump en “outsider” ou en version “bandit légal” l'a harcelée, attaquée, violentée et surprise, l´évinçant. Abattant sauvagement ses rêves, réduisant à l'échec ses ambitions les plus chères.

Par ailleurs, pour le public haïtien, la Fondation Clinton et son projet pour Haïti baigne dans la suspicion. Elle n'aurait pas délivrée les promesses faites à Haïti en 2010 et aurait souvent outrepassée ses droits et éventuellement manquée à entreprendre les investissements pour lesquels elle amassait des fonds... En même temps Le nom du frère d´Hillary propriétaire d'une mine d'or et maître d´oeuvre de projets de construction en Haïti faisait tâche d'huile.

Récapitulons, quelques éléments relationnés à l'intervention ponctuelle de Bill et Hillary Clinton en Haiti:
En 1994 Bill Clinton au nom du système démocratique libérateur et justicier du puissant voisin américain, intervient, dépêchant près de 20 000 hommes de troupes américains en Haïti afin d'assurer le retour du président déchu Jean Bertrand Aristide à Port-au-Prince. C´est ainsi qu´il fut ovationné pour ce retour imposé après 3 années d´absence du président Aristide.

Après le séisme dévastateur de 2010, Bill Clinton se positionne en promoteur numéro un du pays aidant à organiser et obtenir des centaine de millions de dollars en faveur d'Haïti. Il s'était alors fait nommé envoyé spécial des Nation Unis en Haïti et travaillait en parfaite collaboration avec les gouvernements américains et haïtiens.
A cette époque son épouse menait avec brio les Affaires Étrangères des Etats-Unis dans le monde entier. C´est ainsi qu´elle a pu assumer son intervention dans les élections locales en Haïti et orienter la politique haitienne de manière directe.

Plus précisément Hillary Rodham Clinton: brillant avocat et politicien mais une femme à l'apparence froide, calculatrice, et prédatrice. Son manque d'expression, d´authenticité, son manque de charisme personnel lui seront préjudiciables aux deux tours de candidature à la présidence menée par elle, en 2008 et en 2016. Quoique ses efforts cosmétiques en 2016 furent notables et mériteraient appréciation. On la dit trop ambitieuse (elle en parle). Nombreux furent-ils à penser que, si elle a perdu la dernière élection américaine contre Donald Trump, c'est bien fait pour elle.

En Haïti par delà l'échec de la promotion d'Haïti par la Fondation Clinton, les promesses de plein emploi dans la sous-traitance non-tenues par elle et l'accumulation de richesse et de projets plutôt favorables à la Fondation elle-même: le péché capital de la Secrétaire d'Etat des Etats-Unis Hillary R. Clinton par devant la nation haïtienne demeure incontestablement le fait d´avoir soutenu et fait élire un “out-sider” incompétent: Michel Martelly, (celui qui s'était auto-dénommé tet Kale et bandit légal), en président d'Haïti tandis que la femme d'expérience, la constitutionnaliste respectée et Première Dame, Mirlande Manigat sera évincée. On peut penser qu´âgée et sans doute trop rigide dans ses convictions politiques arrêtées, son caractère orgueilleux, souvent hautain, la candidate, qualifié e de dinosaure, serait difficile à gérer et contre l'avancement du pays dans une étroite collaboration avec les Clinton et le pouvoir américain. Par contre, le populaire et scandaleux Martelly serait plus flexible et malléable, quand bien même sexiste, misogyne et ambitieux, il allait faire mieux. Mais voilà qu'aujourd'hui les haïtiens confrontent au jour le jour les conséquences néfastes de la mauvaise gouvernance du protégé des Clinton doublée du manque de compétence et de leadership, de l´actuel président, héritier de Martelly: Jovenel Moïse. La mauvaise gestion, la corruption sévissant dans les trois pouvoirs de l'état haïtien sont une déchéance irrémédiable ont pris de l´ampleur depuis le mauvais choix d'Hillary R. Clinton. 

La secrétaire d'État américaine et le président Michel Martell

Etrange paradoxe tout de même! l´experte en politique internationale Hillary Clinton aura préférée accorder son support à la tête du gouvernement d'Haïti à un homme de préférence qu'à une femme... A cet élément populaire et populiste Michel Martelly. Par un étrange retour de l´histoire, Hillary R. Clinton elle-même pâtira de ce type de comportement qui la privera de support électorale de la diaspora haïtienne de Floride et autres états. Quelle dérision quand on pense à une certaine similitude Martelly/Trump: Donald Trump qui tout comme Martelly est misogyne, déteste la presse, l'ordre établi et tous deux passé maître dans la provocation et la constante polémique.

Il est très intéressant de constater les faits à posteriori. Ceux-ci interpellent aujourd´hui. A moins de voter pour Hillary Clinton, “On risque de nommer un président qui ne s'intéresse pas tout à fait à Haïti avait annoncé….Jean Monestime, un américain d'origine haïtienne chairman du Miami- a Miami-Dade County Commission et chairman of Caribbean Americans for Hillary: “Nous (Haiti) allons être marginalisé par le changement (au cas ou Trump serait nommé) rapporte encore Monestime. ( Source YAmiche Alcindor le 14 Mars 2016). Ce brillant haïtiano-américain n'avait pas cru si bien dire.

Si la majorité des haïtiano-américains vivant en diaspora en Floride et autres états ont laissé Hillary tomber en 2016, la privant de leur vote, c'est afin d´ exprimer leur profonde déception quand à la mainmise des Clinton et leur échec quand à leur prise en charge de projets pour le pays. Échec du gouvernement américain également puisque la candidate était le chef de la diplomatie d´alors. Hilary R. Clinton intervenait par rapport aux élections haïtiennes jugées localement non-démocratiques. Mais encore, De toute évidence, l'actuel élu à la Maison Blanche Donald Trump s'intéressera bien peu aux haïtiens et à leur pays. Son opinion s´est exprimé par sa déclaration de “shithole country. Il aura actuellement d'autres priorités et des préférences marquées.

Être femme en politique, Hillary R. Clinton en connaît les revers. Selon-t-elle, Les femmes sont conditionnées par la société et arrivent à douter d'elles-même. tandis que, les hommes “on leur fait croire en eux.”

Je me souviens avoir lu sur le web qu'une des erreurs
fatidiques commises par Hillary Clinton consistait à ne pas vouloir se présenter en candidat féministe, ce qui l´aurait favorisé d'une certaine manière, mais comme un candidat hors genre. “Je n'ai jamais voulu être vue comme une “candidate femme”...mais plutôt comme la meilleure candidate..” Hillary poursuit en disant qu´elle “n´a jamais eu le sentiment que l'électorat américain serait réceptif sur le sujet…” tandis que: “Impossible de fermer les yeux sur ce fait: Le sexisme et la misogynie ont joué un rôle dans l'élection présidentielle de 2016…” tient-elle à préciser.

A-t-elle eu tort de vouloir utiliser exclusivement ses compétences pour convaincre l'électorat? Il semble que oui vu la conjoncture de 2016.

Autre questionnement sur le thème:
Les femmes soutiennent -elles, sont-elle jamais solidaires de leur consoeurs?
Votent-elles pour les autres femmes ou préfèrent- elles à chaque tournant le candidat masculin?
Les hommes ne se sentent- ils pas fortement menacés par un féminisme dont la définition est en perpétuelle évolution et pas suffisamment précise dans leur esprit?

Sheryl Sandberg, l´importante directrice générale de facebook et amie de la candidate Hillary R. Clinton aurait relayé ses observations à Hillary Clinton en ces termes:
“Plus un homme réussit dans son travaille, plus les gens l'apprécient. Pour les Femmes c´est exactement l´inverse.”
mais encore “Les femmes sont bien vues lorsqu'elles se battent pour d'autre mais pas quand elles se battent pour elles-mêmes.”

Accomplissement magistral: Avoir été la première femme à devenir associée du plus vieux cabinet d´avocats d´Arkansas, la première femme président le conseil d'administration de la -Legal service corporation-. “La première dame a avoir été nommée à une fonction officielle. La première femme Sénatrice de l'etat de New York. La première femme désignée comme candidate à la présidence par un grand parti politique…! et ayant obtenu le vote populaire”. Néanmoins, ceci n'a pas suffit pour gagner l'élection dans le cadre du système électoral américain. Même si Hillary R. clinton a obtenu davantage de votes que son concurrent Donald Trump, elle n'a pas pu atteindre une majorité d´ états en sa faveur.

En général, Hillary R. Clinton définit sa défaite dans son livre “Ca s'est passé comme cela” pour des raisons socio-économiques et socioculturels propre aux Etats-Unis d'Amérique de 2016.
Hillary Clinton ne manque pas de souligner la forte charge socioculturelle avançant que dans sa course tumultueuse à la présidence, sa défaite était due en grandes parties aux barrières sexistes et misogynes de la société américaine alors que Trump a su mettre à profit . De sorte que ce qui était permis, au candidat Donald Trump; jamais, ne lui serait pardonné si elle en faisait usage, explique-t-elle en long et large: A titre d'exemple nous la citons: “ ...J'ai visionné la vidéo d'un de nos débats sans le son et j'ai pu constater qu'entre ses grands moulinets de bras, ses grimaces de théâtre, sa hauteur impressionnante et son agressivité, je le regardais bien plus que je me regardais moi-même. J'imagine que c'était le cas aussi pour beaucoup de téléspectateurs. Je soupçonne par ailleurs que, si une femme se montrait aussi agressive ou mélodramatique, elle serait contrainte de quitter la scène sous les rires et les huées. Au bout du compte, même si de l'avis général je suis sortie vainqueur de nos trois débats, son attitude ultra-virile et brutale lui a fait gagner des points auprès de nos supporters”

Si la compétence et l'expérience ne lui ont pas suffit en 2016 pour gagner la course à la Maison Blanche, si elle n'a pas obtenu le support des américains- haïtiens de la Floride où ils vivent majoritairement, et autres états des États Unis d'Amérique, Hillary R. Clinton souligne que ses concitoyens ont préférés en dépit de tout voter en faveur de Donald Trump malgré ses déclarations désobligeantes contre les femmes, malgré ses excès et sa haine etc....

Notons que l'intervention de la famille Clinton en Haiti si elle tombait plutôt dans le droit fil de la politique du gouvernement américain, elle faisait fi de la perception locale de l'haïtien, des faits et des conséquences encourues au pays.. En ce sens le candidat Hillary R. Clinton a été induit en erreur, persuadée qu'elle était, que tout était arrangé, et nous citons un email retrouvé sur le serveur privé de H.R. Clinton, signé Judith McHale, le Sous-Secrétaire aux affaires étrangère. Dès le 26 Fevriere 2010, cette première écrit: ”Nous avons mené une campagne à succès contre les histoires négatives concernant notre participation en Haïti.” Or, la conjoncture qui a suivi n'allait nullement en ce sens.

Mais encore, la défaite électorale de la dame Hillary R. Clinton tient à de nombreuses erreurs d'appréciation effectuées durant la période électorale. Elle raconte: “Je n'avais pas seulement affronté Donald Trump . Mais aussi, l'appareil de renseignement russe, un directeur due FBI mal inspiré ...un collège électoral sans repère. On sait que son farouche adversaire menait une campagne féroce nourrie d´attaques, caractérisation, diffamation, fake-news, ou expression de violence, haine, colère; misogynie, et manipulation; intervention étrangère.

Soulignons également ce qui touche Haïti de près. Quand Hillary R. Clinton écrit: “Nous espérons que cette fois ci la Floride casserait l'élan républicain nous permettrait d'atteindre notre objectif de 270 grands électeurs ...Mais lorsque mon directeur de campagne Robby mook et arrivé ...J'ai tout de suite compris qu'il y avait un problème.”

Évoquons également ici le parallèle existant entre les sociétés haitiennes et américaines. Elles ont quelque chose en commun qui mérite correction. Elle sont encore profondément axée sur cet honteux mélange de machisme, sexisme et misogynie ambiant. Une attitude souvent hypocrite et perverse. L´échec de Hillary R. Clinton le prouve amplement.

Cependant, si la ténacité n'a pas de genre, elle est sans doute un mode de fonctionnement -non seulement celui d'une femme exceptionnelle mais également d'un politicien dont le courage pourrait frôler l´entêtement-: Hillary Clinton, en effet prouve encore qu´elle ne saurait baisser les bras! Elle a subit bien des échecs mais forte de celles-ci, la voilà aujourd'hui qui met tout en oeuvre pour se trouver un nouveau défi dans le prolongement de ses convictions. Une autre bataille reste à gagner: Celle de la participation accrue des filles, des femmes en politique.
Somme toute: Improbable échec de la dame, dirons-nous, puisque dans la vie, on ne peut gagner toutes les batailles! On ne peut que lutter pour ses convictions.

Et donc à lire sur twitter l´ annonce en date du 1er Août 2018 de la candidate malheureuse de 2016. Je vous en je vous propose ici la traduction: Hillary Clinton‏ @HillaryClinton “Je suis ravi de rejoindre Steven Spielberg pour apporter @efweiss5 Le livre de"The Woman's Hour" à la télévision. Il s'agit des femmes qui se sont battues pour le suffrage il y a près de 100 ans. Nous nous tenons sur leurs épaules et je suis ravi de pouvoir contribuer à raconter leurs histoires.


MICHELLE MEVS