lundi 6 mars 2017

Haïti - USA : Blanchiment d’argent, Haïti pointé du doigt par le Département d’État

Dans le Volume II « Blanchiment d'argent et crimes financiers » du rapport « 2017 International Narcotics Control Strategy Report » le Département d'État américain indique « Les bandes criminelles haïtiennes sont engagées dans le trafic international de stupéfiants et dans d'autres activités criminelles et frauduleuses. Si Haïti n'est pas un centre financier majeur, les entreprises régionales de stupéfiants et de blanchiment d'argent utilisent les courriers haïtiens, principalement via des itinéraires maritimes. Une grande partie du trafic de drogue en Haïti, ainsi que le blanchiment d'argent qui en découle, est relié aux États-Unis. Une législation importante a été adoptée au cours des dernières années, en particulier les lois anti-corruption et de lutte contre le blanchiment d'argent, mais la faiblesse du système judiciaire haïtien laisse le pays vulnérable à la corruption et au blanchiment d'argent.

Le 8 juin 2016, le GAFIC a publié une déclaration publique demandant à ses membres d'examiner les risques découlant des lacunes du régime de AML/CFT (Anti-Money Laundering/Combating the Financing of Terrorism ) en Haïti [...] bien qu'Haïti ait apporté des améliorations dans des domaines non législatifs, il n'a pas réalisé suffisamment de progrès dans l'accomplissement de son plan d'action pour remédier à ses graves lacunes en matière de déficiences AML y compris des réformes législatives. Le 9 novembre 2016, le GAFIC a réaffirmé sa position, tout en notant les progrès et les efforts récents d'Haïti visant à introduire une nouvelle loi, y compris une nouvelle loi visant à accorder l'autonomie administrative de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF). 

La plupart des schémas de blanchiment d'argent identifiés impliquent des montants importants de devises américaines détenus dans des institutions financières en dehors d'Haïti ou des entités non financière en Haïti, comme les restaurants et autres petites entreprises. Les monnaies étrangères représentaient 63% des dépôts bancaires d'Haïti en octobre 2016. Une majorité des saisies de biens à ce jour ont impliqué d'importants trafiquants de drogue condamnés aux États-Unis [...]

Haïti compte sept zones franches en opération. Il y a aussi 157 casinos autorisés et beaucoup d'autres casinos sans licence. Les jeux en ligne sont illégaux.

La législation AML adoptée en 2013 a encore été renforcée par des amendements en 2016. En 2014, l'Exécutif a signé un projet de loi longtemps retardé d'anti-corruption. Les banques et les sociétés financières, les agences de transfert de fonds, les coopératives de crédit, les compagnies d'assurance, les coopératives, les casinos, les avocats, les comptables, les notaires et les agents immobiliers doivent se conformer aux règles de KYC (Know Your Customer) et signaler les transactions suspectes à l'UCREF.

Haïti est membre du GAFIC, un organisme régional de style GAFI.

La faiblesse du système judiciaire haïtien et les mécanismes de poursuite ainsi que le manque de connaissance par les juges et les procureurs des modifications législatives récemment adoptées continuent de laisser le pays vulnérable à la corruption et au blanchiment d'argent. Haïti n'est pas membre du Groupe Egmont, mais présente actuellement une demande d'adhésion.

Le Gouvernement haïtien demeure entravé par des codes pénaux et des codes de procédures pénales inefficaces et périmés, ainsi que par l'incapacité ou la réticence des juges et des tribunaux à traiter les affaires faisant l'objet d'une poursuite. Des projets de codes criminels et de codes de procédure pénale qui permettraient de remédier à ces lacunes devraient être examinés par le Parlement au cours des prochains mois.

Le Gouvernement devrait continuer à consacrer des ressources à la mise en place d'un régime efficace de lutte contre le blanchiment de capitaux, y compris un soutien continu aux unités chargées d'enquêter sur les crimes financiers et le développement d'un système de technologie de l'information. La loi 2013 sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et ses amendements de 2016, malgré le renforcement du cadre réglementaire pour lutter contre les infractions financières, portent atteinte à l'indépendance et à l'efficacité de la 'Financial Intelligence Unit' (FIU) d'Haïti

Haïti devrait également prendre des mesures pour établir un programme visant à identifier et à signaler les mouvements transfrontaliers de monnaies et d'instruments financiers. Les casinos et les autres formes de jeu devraient être mieux réglementés et surveillés. Le Gouvernement haïtien devrait prendre des mesures pour lutter contre la corruption omniprésente à tous les niveaux du gouvernement haïtien et du commerce.

Le Gouvernement d'Haïti continue de prendre des mesures, telles que la formation du personnel et la coordination avec les banques du pays, pour mettre en œuvre un meilleur régime de AML. En septembre 2016, l'Assemblée nationale a ajouté des éléments manquants à la loi de 2013 en matière de loi AML/CFT pour l'aligner sur les normes internationales, bien que des lacunes persistent. Toutefois, pour qu'Haïti puisse se conformer pleinement, le code pénal devra être mis à jour.

Après des années de retard, l'adoption de la loi anti-corruption de 2014 a constitué une étape positive pour tenter de lutter contre la corruption publique, mais les problèmes de mise en œuvre subsistent. Les changements fréquents de leadership, la crainte de représailles au niveau du travail, les rumeurs d'intervention de l'Exécutif et le manque de suivi judiciaire (poursuites) rendent la mise en œuvre particulièrement difficile. Les changements fréquents dans le système judiciaire rendent également difficile la poursuite des poursuites par les procureurs.

L'UCREF a continué de renforcer ses capacités internes et de faire des études de cas efficaces. L'UCREF a transmis six cas au pouvoir judiciaire en 2016. Les questions qui se posent dans le secteur judiciaire signifient que les progrès de l'UCREF ne sont pas encore reflétés dans les taux de condamnation. Une fois qu'un cas est reçu, le juge d'instruction dispose d'un délai de deux mois à compter de la date de l'arrestation pour compiler les preuves, mais il n'y a pas de limite au calendrier pour fixer les dates des procès, communiquer avec les organismes d'enquête et les procureurs et suivre les données financières. Il n'y a eu aucune condamnation ou poursuite pour blanchiment d'argent en 2016. »


Haiti Libre

jeudi 2 mars 2017

Haiti Grandeur et Décadence. Descente aux Enfers.




MES POINTS SUR LES I DE MICHELE BENNETT DUVALIER.
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Haiti Grandeur et Décadence. Descente aux Enfers.
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Que nous arrive t-il? Haiti est à la dérive à tous les niveaux.

-DÉRIVES POLITIQUES: de 1986 à 2017 près de 18 ou 19 Chefs d'Etat et de Gouvernements se sont succédés. 31 ans de gabegies. 31 ans de corruption au plus haut sommet de l'Etat. Toutes nos institutions sont malades et gangrenées par la corruption. La Constitution de 1987 est boiteuse mais aucun Chef d'Etat jusqu'à présent n'a pris la responsabilité d'y remédier. Pendant les différentes campagnes électorales, qu'ils soient candidats à la Présidence, Sénateurs, Députés ou Maires, ces gondoliers de la politique, pour la plupart n'ont fait que mentir au peuple haïtien qui à chaque élection espère un avenir meilleur pour ses enfants. On a eu un défilé de Chefs d'État lamentables dans sa grande majorité. On a eu un ivrogne qui d'entrée de jeu a déclaré une "bamboche démocratique" par lâcheté et fermé les yeux sur l'assassinat de plusieurs centaines de Volontaires de la Sécurité Nationale du Gouvernement du Président Jean Claude Duvalier, tout ceci orchestré par l'inventeur du supplice du collier, Jean Bertrand Aristide, dit le bigleux, assisté de son Maître Nageur, René Préval. L'arrivée du gang Martelly et High-Tech Lamothe n'a fait qu'accélérer cette descente aux enfers pour Haiti et le peuple haïtien.

Notre Parlement est truffé de repris de justice en quête d'immunité et pour la plupart des analphabètes et des cretins patentés. Dechouquages, destructions de biens privés et publics, assassinats de journalistes, d'avocats, d'hommes et de femmes d'affaires, d'hommes politiques, de religieux, viols, enlèvements contre rançon, spoliations de propriété, traffics de drogue, prolifération des gangs des cités et des bidonvilles, les chimères, zinglindos, occupations des GI's et de la Minustha, ingérences étrangères dans les affaires internes de notre pays. Nos hommes et femmes politiques sont devenus maîtres en l'art de truquage des élections. Quant à la Diplomatie Haïtienne ou plutôt, je devrais dire la Diplomatie au rabais, c'est la Classe des Nuls et des cancres.

Pour la liste complète de tous les méfaits de ces Gouvernements, je vous réfère à mon texte du 25 Janvier dernier intitulé "Lettre à Mr. Frantz Duval du Nouvelliste".

DÉRIVES ÉCONOMIQUES: Insécurité alimentaire. Décote de la gourde, détournements et gaspillages des Fonds Petro Caribe et autres dons de Pays amis. Détournements des dons faits après le tremblement de terre et cyclone Matthew, chômage, etc.
(voir texte du 25 Janvier dernier).

DÉRIVES MORALES, SOCIALES ET CULTURELLES : Le Carnaval 2017 a marqué tous les esprits non pas pour la beauté de ses chars, des déguisements des bandes à pieds ou des décorations des stands sur le Champ de Mars ou aux Cayes. Non plus par l'ambiance. Le Carnaval 2017 restera dans les annales comme synonyme de vulgarité, de dépravation. C'est bien triste pour le Président Jovenel Moïse de commencer son mandat présidentiel sous des auspices aussi discutables que lamentables. Triste spectacle. J'ai eu des larmes aux yeux.

Malgré l'heure tardive et le décalage de 6 heures avec Haiti, j'ai regardé depuis Paris les vidéos retransmises en direct sur Facebook des 3 jours du Carnaval et j'en garde toujours un goût amer dans la bouche.

L'ancien Président-chanteur-jouisseur, Le vulgaire Michel Martelly a passé les 3 jours du Carnaval à se donner en spectacle. 3 jours à reprendre en boucle sa chanson composée en l'honneur de deux journalistes de la radio. Chanson composée de mots grivois et d'insultes dignes des égouts des bas-fonds de notre capitale poubelle. Les refrains étaient repris en cœur par la population et cela a duré jusqu'au mercredi des Cendres à Gelée. Le Roi du Carnaval, le vulgaire ex-Président chanteur s'est donné en spectacle pendant 4 jours à débiter ses insanités dont il est seul à avoir le secret, en présence du Chef de l'Etat et de son épouse, du Maire de la Ville des Cayes, du Comité National du Carnaval, des autorités religieuses, des journalistes de la presse écrite et parlée, de la bonne société Cayenne, de celle de la capitale et de PetionVille, des Carnavaliers venus de tous les coins du pays, aux Cayes. Personne! Personne n'a pipé mot! Au contraire, ça rigolait, applaudissait et se déhanchait! Je me suis posé les questions suivantes: Pouquoi le Président Jovenel Moise tout en sachant que Martelly allait débiter ses conneries, est resté quand même à sa tribune assister à ce spectacle? Le même Jovenel Moise qui a rendu une visite de courtoisie à différents organes de la presse dont la Radio de ces 2 journalistes en question quelques jours seulement avant sa prestation de serment le 7 février dernier. Où sont passées les associations des droits de la femme? les féministes? nos autorités judiciaires? Pas une seule déclaration du Clergé? du Sénat? de certains membres du Secteur Privé, complices, qui financent depuis des années à coup de millions de dollars, soit pour sa campagne lors des élections de 2010 ou sponsorisent Martelly et son orchestre? Les Radios de la capitale et des villes de province? La presse écrite? Et j'en passe! Allo! Où êtes vous?

Et on ose me parler de DÉMOCRATIE! C'est ça la DEMOCRATIE? Elles sont passées où nos valeurs morales? Le respect d'autrui? Notre société est en pleine déliquescence. Notre société est pourrie jusqu'à la moelle. Quelles sont les valeurs qu'on veut léguer à nos enfants? A notre jeunesse?

Le Carnaval est une tradition chez nous et doit revenir à Port-au-Prince comme avant. C'est également une fête populaire et surtout familiale. Ces carnavals politiques organisés aux Cayes (240 millions), Port-au-Prince (20 millions), Gonaives (10 millions), Cap-Haïtien (6 millions), et Port de Paix (2 millions), nous laissent plutôt l'impression d'avoir mangé une bouillabaisse composée de poissons pourris. Et la Ville de Jérémie, la grande oubliée?

Tous ces millions dépensés pour des carnavals à travers le pays, était-ce bien nécessaire? Quand je pense qu'on n'a même pas un hôpital décent dans la capitale ou les villes de province? Que des malades n'ont pas accès à des soins décents de santé? Quand les médecins et instituteurs sont en grève pour des revendications tout à fait légitimes. Que la majorité de la population est au chômage et n'arrive même pas à se nourrir. Que nos agriculteurs souffrent du passage des cyclones et des inondations? Quand les prisonniers sont maltraités et sont en surnombre dans les prisons surpeuplées et qu'ils meurent en grand nombre de malnutrition et sans soins médicaux. Que notre capitale est une poubelle à ciel ouvert? Que la population n'a pas accès à l'eau potable et à l'électricité? Que des milliers de parents n'arrivent même pas à payer les écoles " borlettes " ou nourrir leurs enfants? On est prêt à faire face à la période cyclonique qui avance à grands pas? Non! Comme on dit chez nous: "Bon Dieu bon".

Je dénonce la complaisance de notre société qui a perdu toutes valeurs morales. Notre pays est devenu une jungle où l'immoralité prévaut et on confond la liberté avec la loi de la jungle. La femme haïtienne n'est plus respectée. J'aime beaucoup ce proverbe mexicain: "La maison ne repose pas sur le sol, mais sur une femme". Je ne connais pas Madame Lilianne Pierre Paul qui a été une opposante du Gouvernement du Président Duvalier et je ne connais pas non plus l'autre journaliste de cette même Radio, mais peut on rester insensible à ces attaques gratuites et avilissantes sur 2 concitoyens et ce par un homme qui a été Président de la République? Président de tous les haïtiens? Non! J'ai eu tellement raison de dire dans un texte précédent que Martelly est un accident de l'histoire et son attitude dépravée pendant le carnaval me donne raison aujourd'hui.

Le Président Jovenel Moise n'a pas été élu par le PHTK que préside Martelly mais par 20 % de la population Haïtienne. Je veux bien croire qu'il sera le Président de tous les haïtiens y compris ceux de l'opposition et de la diaspora haïtienne. J'espère aussi que le Président J. Moise saura se défaire et mettre au placard cet encombrant parrain qu'est Michel Martelly et sa clique, ainsi il gagnera en respect. Quand on est appelé à gouverner un pays, on ne recule pas devant ses responsabilités.

Cela fait 31 ans que les journalistes opportunistes de la presse nationale et internationale, les historiens de pacotille, l'un d'eux se reconnaîtra, les politiques et les opposants de Jean Claude Duvalier travestissent l'histoire à leur goût pour le faire passer comme le pire dictateur! La haine l'a emporté sur la vérité! Et je défie quiconque de me dire qu'il ne faisait pas Bon de vivre sous le Gouvernement de JCD. Comme disait mon frère Rudy qui avait toujours le mot pour rire: "Le Gouvernement de JCD n'est pas une dictature mais une Dictadouce!"

En cédant le pouvoir en 1986, le Président Jean Claude Duvalier a voulu éviter un bain de sang et a pris le chemin de l'exil en France. À son retour en janvier 2011, il a dit: "Qu'avez-vous fait à mon pays?". Cette question est reprise depuis par tous les journalistes, et même par ses opposants. Cette fameuse question est reprise en cœur aussi par le peuple haïtien qui se rend compte que sous le Gouvernement de JCD, il mangeait à sa faim, ne campait pas sous des bâches en plastique, ses enfants allaient dans de bonnes écoles publiques, il recevait des soins dans les hôpitaux, il avait accès à l'eau potable et à l'électricité pour la grande majorité, il pouvait aller à la banque sans se faire agresser ou assassiner, Haiti etait le pays le plus visité de la Caraibes par les touristes du monde entier et la sécurité de nos concitoyens était assurée. Haiti était respectée sur la scène internationale. Et on se respectait les uns les autres.

31 ans que le peuple haïtien est dirigé par des cretins décérébrés qui cachent leur incompétence en parlant de la dictature. Non Messieurs! Après 31 ans de démocratie à votre sauce! Ce n'est plus de notre faute!

Qu'avez-vous fait de mon pays?

Michele Bennett Duvalier
Paris, France 
Le 3 mars 2017

Le carnaval des Cayes ou carnaval de la honte ?

Le président Jovenel Moïse et la première dame Martine Moïse
Je tiens à présenter mes sympathies à tous les cayens et cayennes intègres qui ont du assister impuissants à l'avilissement MORAL de leur Cité par cette équipe de vauriens venue de Port-au-Prince pour débaucher la jeunesse cayenne !

En fait, d'une certaine manière, cette opération de " Bestialisation " sous couvert de "Carnaval décentralisé" dit " National " (officiel plutôt mais bon, ces gens là ne font pas la différence ) a avili toute la République d'Haïti !!!

Toutes ces insanités débitées de manière brute par un ex-président de la république et en présence de l'actuel président d'Haïti et de son épouse ...  Joyeux d'y participer en applaudissant et/ou tcha tcha en mains !

Et le pire : tout cela retransmit en direct par plusieurs stations de radios et de télévisions dont la Télévision Nationale d'Haïti qui est supposée être à la fois une station d'information, d'éducation et de divertissements sains et un organe de service public !

Est-ce ainsi que nos irresponsables " dirigeants " préparent et guident la jeunesse dHaïti ? "C'est nous les grands, nous les petits : demain la gloire dHaïti " [Hymne à la jeunesse : Fière Haiti].

Le cardinal Langlois doit être aux ANGES avec toutes ces prestations immondes en mode 400 % KK pour préparer ce temps de carême (après tout il a ouvertement contribué à l’avènement de cette " continuité" au pouvoir). En tout état de cause, l’archevêché des Cayes  en a reçu pour son compte il me semble. Comme on dit si bien chez nous : " Sa ou plante , se li ou REKOLTE " !!!

Stephen William Phelps,
Port-au-Prince, le 1er Mars 2017

mercredi 1 mars 2017

Le dossier UCREF ne peut être renvoyé aux calendes grecques

Le nouveau preśident d'Haiẗi Jovenel Mois̈e  et le commissaire du gouvernement Jean Danton Leǵer.

QUOIQUE DISENT ET FASSENT LES AVOCATS ET PARTISANS DU PRÉSIDENT JOVENEL MOÏSE


Le dossier UCREF ne peut être renvoyé aux calendes grecques

Par Léo Joseph

La décision prise par Jovenel Moïse de prêter serment comme président de la République, le 7 février 2017, en dépit de l’inculpation qui pèse sur lui,s’inscrit dans la logique du pouvoir traditionnel haïtien faisant du chef de l’État un intouchable aux yeux de la loi. Cela signifie que celui qui occupe le Palais national a les possibilités d’instrumentaliser les institutions du pays, y compris le système judiciaire, dans le sens de ses intérêts personnels.

En effet, les avocats, partisans, supporters politiques, mais principalement ceux qui ont contribué gros à sa campagne présidentielle, ont tout fait pour que M. Moïse prenne logement au Palais national. Cette étape franchie, pensent-ils, le nouveau président a les possibilités de manipuler la justice afin de s’éloigner les décisions à lui potentiellement dommageables. Dans cette perspective, ils se proposent d’aller très vite en besogne triantsur le volet un juge instructeur qui soit à même de blanchir l’intéressé dans l’affaire UCREF (Unité centrale de référence fiscale). Mais le dossier, dans le cadre du processus lancé depuis qu’il a été soumis au commissaire du gouvernement, pour les suites légales nécessaires, ne peut être écarté d’un revers de main. Surtout qu’il s’agit d’un crime transnational dont le premier citoyen du pays est accusé. Ceux qui font des gorges chaudes de l’affaire ou l’écartent carrément d’un revers demain n’ont qu’à lire le réquisitoire supplétif du chef du Parquet de Port-au-Prince y relatif.

Voici, donc, pour l’édification des uns et des autres, le texte intégral, daté du 6 février 2017, adressé au président duTribunal de première instance de Port-au-Prince par Jean Danton Léger, commis- saire du gouvernement.

Réquisitoire supplétif d’informer

« MINISTÈRE DE LA JUSTI- CE ET DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE

« 6 février 2017 « RÉQUISITOIRE SUPPLÉTIF D’INFORMER « Le commissaire du gouverne- ment près le Tribunal de première instance de Port-au-Prince


« Vu le soit-communiqué pour réquisitoire définitif du juge d’instruction Brédy FABIEN du Tribunal de première instance de Port-au-Prince en date du 3 février 2017;

« Vu l’ordonnance de prorogation du délai du doyen Bernard SAINT-VIL en date du 18 janvier 2017;

« Vu le réquisitoire d’informer du commissaire du gouvernement au Cabinet d’instruction en date du 7 février 2017;

« Vu le rapport de l’UCREF déféré au Parquet de Port-au- Prince mettant en cause le sieur Jovenel MOÏSE soupçonné de blanchiment des avoirs;

« Vu les différentes pièces du dossier déjà soumises au Cabinet d’instruction du juge instructeur;

« Vu les articles 35, 37, 42, 43, 51, 57 et 114 du Code d’instruc- tion criminelle;

« Attendu qu’il résulte contre le sieur Jovenel MOÏSE des présomptions de blanchiment des avoirs;

« Attendu que l’UCREF a été saisi de l’affaire et acheminé un rapport d’analyse financière sur les avoirs de Jovenel MOÏSE au Parquet;

«Attendu que leParquet à sollicité du Cabinet d’instruction l’ouverture d’une enquête approfondie sur autour de cette affaire;

« Attendu que le juge d’instruction saisi de la cause a décerné un mandat de comparution contre le prévenu Jovenel MOÏSE en date du 24 janvier 2017, ce mandat qui constitue le premier acte d’instruction dans le dossier, fait de lui un inculpé;

« Attendu que les faits, au sieur Jovenel MOÏSE, reprochés sont desfaitssaillants, accablants, pourvu qu’ils ne soient pas prescrits; qu’il s’agit là de blanchiment des avoirs;

« Attendu que le blanchiment des avoirs, au regard de la loi, est la conversion ou le transfert des avoirs, dans le but de dissimiler ou de déguiser l’origine desdits avoirs, ou bien d’aider toute personne impliquée dans la commission de l’infraction, à l’origine de ces avoirs à échapper aux conséquencesjuridiques de ses actes;

« Attendu que le blanchiment des avoirs est envisagé sousl’angle de la dissimulation ou le déguisement de la nature, de l’origine de l’emplacement, de la disposition du mouvement ou de la propriété réelle des biens;

« Attendu que le blanchiment des avoirs est considéré comme l’acquisition, la détention ou l’utilisation des biens par une personne qui sait ou devrait savoir que lesdits biens constituent un produit du crime au sens de la loi;

«Attendu que l’affaire Jovenel MOÏSE porte sur les transactions effectuées sur le différents comptes en banque, au nombre de 14, détenus à la Banque Nationale de Crédit (BNC) à la parties civiles dans cette affaire, en témoignent les requêtes adressées au juge d’instruction versées dans le dossier et au commissaire du gouvernement sous les dates: 31 janvier 2017 et 1er février 2017;

« Attendu que le rapport de l’UCREF fait état de responsables d’institutions bancaires qui refusent de coopérer; qu’il y a lieu de procéder à l’interrogatoire des institutions bancaires qui, selon le rapport, refusent de collaborer;

« Attendu qu’il y a lieu pourle magistrat d’interroger les sieurs Ernst BOLIVAR et Moïse JEAN- CHARLES qui se sont porté partie civile dans cette affaire de procéder à une séance de confrontation entre l’inculpé et des témoins clés tels que Isones Étienne, Winsky Knagg, Réginald Boulos;

« Attendu qu’il y a lieu pour le magistrat instructeur de requérir plus d’informations, de prendre communication des dits-chèques émis, des formulaires d’ouverture des différents comptes; ce dans le souci de dire la vérité et rien que la vérité que tout magistrat est tenu de faire, eu égard à sa mission sacro-sainte : rendre la justice à qui elle est due, et ce, de façon saine, juste, impartiale et équitable;

«Requiert qu’il plaise, Monsieur le juge instructeur, d’en informer plus par toutes les voies de droit, et de faitsur cette affaire, de procéder à de nouvelles informations et d’explorer toutes autres pistes susceptibles de faire la lumière autour des coins d’ombre qui entourent cette affaire dansle plus court délai, notamment la prise de communication formelle et expresse des originaux des chèques émis par Jovenel MOÏSE et sa femme née Marie Martine JOSEPH relatifs au compte No. 0340000212 détenu à la BNC, la prise de communication formelle et expresse des formulaires d’ouverture desdits comptes aux succursales où les comptes ont été ouverts; de procéder à l’interrogatoire de la dame Jovenel MOÏSE née Marie Martine Joseph, des témoins clés tels que : Iones Étienne, Winsky Knagg, Réginald BOULOS; de procéder également à l’interrogatoire des sieurs Ernest BOLIVAR, Moïse JEAN-CHARLES qui se sont portés partie civile; de confronter l’inculpé avec les témoins qui se sont portées partie civile; de commettre des experts pouvant éclairer la lanterne sur les différentes activités et transactions commerciales de Jovenel MOÏSE et sa femme née Marie Martine JOSEPH à travers les différentes entreprises par eux dirigées, d’auditionner également les différents associés, actionnaires de Jovenel MOÏSE; ce conformé- ment aux articles 114 du Code d’instruction criminelle; ce faisant, ce sera bonne et valable justice.

« Respectueusement,

« Mag. Jean Danton LÉGER,

« Commissaire du gouvernement».

La justice haïtienne en observation


Obnubilés par leurs intérêts mesquins, les défenseurs et l’entoura- ge de Jovenel Moïse minimisent ses démêlés avec la justice haïtienne, feignant d’investir les res- sources politiques et intellectuelles du nouveau président dans l’organisation de son administration.Aussi le Carnaval national et la nomination du Premier ministre constituent-ils leurs principales préoccupations, après la prestation de Nèg bannann nan. Mais ils semblent ignorer le fait que le blanchiment d’argent constitue un crime transnational et que le cas du nouveau président haïtien retient l’attention des dirigeants d’autres pays, particulièrement nos voisins de l’hémisphère, y compris les États-Unis, qui mènent une lutte acharnée contre le fléau du blanchiment d’argent.

De toute évidence, des pays comme les États-Unis, le Canada, la République dominicaine, notamment, dont les brigades anti-drogue sont déployées en permanence contre les caïds et d’autres trafiquants illicites, sont toujours aux aguets. Sachant que cette activité constitue la principale pourvoyeuse de l’argent sale, les autorités judiciaires de ces pays ainsi que les services responsables du maintien de l’ordre suivent de près ce qui se passe dans les pays réputés exportateurs de stupéfiants. Haïti étant considéré comme pays par où transitent les cargaisons de drogue en provenance de la Colombie, du Venezuela, du Panama et d’autres pays exporta- teurs de cocaïne, d’héroïne et de marijuana, à destination d’Amérique du Nord et de l’Europe, les moindres références au trafic de drogue font évoquer le blanchiment d’argent, et vice versa. Il est donc aisé de comprendre pourquoi l’accusation de blanchiment d’argent portée contre M. Moïse par l’UCREF intéresse au plus haut point les autorités judiciaires américaines. Surtout que cette institution haïtienne a la réputation de travailler en étroite collaboration avec ses vis-à-vis américains dans le cadre de la campagne contre le blanchiment d’argent en général. On en veut pour preuve l’intervention des autorités bancaires américaines ayant menacé les banques haïtiennes d’isolement pour s’être montrées trop tolérantes à l’égard de certains de leurs clients accusés d’avoir introduit l’argent sale dans le système bancaire international.

Indéniablement, vu l’importance attachée à la lutte contre ce fléau, les autorités étrangères particulièrement intéressées à ce crime surveillent de près l’évolution de l’affaire UCREF, surtout que dans le passé le système judiciaire haïtien s’est montré complaisant par rapport aux dossiers relatifs au trafic de drogue et au blanchiment d’argent. Ces milieux internationaux sont doublement intéressés dans le cas de Jovenel Moïse, puisqu’il est le président de la République, le premier citoyen du pays, et qui a prêté serment de respecter les lois et la Constitution du pays ayant aussi juré de les faire respecter. Autant dire, l’inculpation du candidat à la présidence Jovenel Moïse, devenu président élu, puis président en fonction, après son investiture, est loin d’être une mince affaire. Aussi les pays amis d’Haïti suivent-t-ils avec intérêt la manière dont la justice haïtienne traite le dossier criminel du président haïtien.

Certes, le réquisitoire supplétif adressé au président du Tribunal de première instance de Port-au-Prince par le commissaire du gouvernement Danton Léger expose l’insuffisance du travail du juge Fabien Brédy. D’ores et déjà, certains critiques du magistrat l’ont accusé d’ « incompétence », ayant omis d’interroger des personnes clés cités dans le dossier, ou de faire appel à l’expertise de techniciens en la matière pour l’aider à éclairer les zones d’ombre dans l‘affaire. Pour étayer la thèse d’incompétence, certains ont attiré l’attention sur des commentaires imputés à l’ex-juge instructeur Claudy Gassant déclarant que Me Brédy n’a pasreçu l’entraînement qui l’aurait habilité à mener à bien cette enquête.

En tout cas, si Me Brédy est vraiment soucieux de faire jaillir la lumière et entend agir de telle sorte que la justice triomphe dans ce dossier, il a intérêt àmettre en pratique les suggestions du commissaire du gouvernement. En tout état de cause, à la lumière des faits qui ont été révélés dans l’affaire UCREF, il incombe au juge Brédy de bien server la cause de la justice et d’éviter de se faire coller injustement des épithètes peu honorables. Car ce dossier ne peut être relégué au calendes grecques.

L.J

Le parti Fusion dénonce les obscénités de Michel Martelly

Rosemond Pradel
Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION), déplore que l’ex-président de la République Michel Martelly n’a appris aucune leçon de ses cinq années passées à la tête du pays. Ses propos déplacés indignes de tout homme qui se respecte à l’endroit d’une femme qui avait osé questionner ses déclarations et ses actions avaient occasionné le départ des ministres et secrétaires d’état d’un gouvernement. Un geste aussi fort et un message de réprobation aussi clair n’ont pas suffi à lui faire comprendre que de tels comportements étaient inacceptables venant de n’importe quel individu voir d’un chef d’état ou d’un ancien chef d’état qui semble-t-il croit que sa carrière politique n’est pas terminée.

Les propos vulgaires tenus à l’égard de deux journalistes bénéficiant d’une large audience dans l’opinion ont soulevé l’indignation et même le dégout chez plus d’un dans notre société. Par-delà la condamnation et la réprobation qui les ont accueillis, ces propos malodorants doivent nous interpeller tous, car ils sont symptomatiques d’un problème plus grave et plus profond qui ronge notre société. Comment toute une nation a pu accepter que son destin soit confié à un tel homme ?

Comment l’immense majorité des adultes en âge de voter ont pu par leur indifférence laisser le mouvement conduit par ce même énergumène contrôler toutes les avenues du pouvoir ?

Il faut se rendre à l’évidence, notre pays est malade. La jeunesse haïtienne est gravement menacée par cette déchéance morale, la perte de ses repères et de ses valeurs. Ces trois jours gras sont plus que révélateurs, nous avons de loin suivi celles et ceux qui n’ont rien trouvé à faire que de rire aux éclats en écoutant un ex-président trainer dans le caniveau des journalists.

La FUSION croit que la société haïtienne ne peut pas se contenter de condamner. Cet incident devrait être une occasion pour tout un chacun de prendre conscience que cette situation ne peut pas durer. Si nous ne faisons rien, l’avenir de notre jeunesse, donc de notre pays est menacé. La FUSION reste convaincue qu’il nous faut d’urgence mettre autour d’une table toutes les citoyennes et tous les citoyens préoccupés par cette situation, en vue de débattre sur le devenir de notre patrie commune. Le problème n’est pas que politique, économique ou constitutionnel, il est aussi moral. Pour nous en sortir tous ensemble, il ne saurait s’agir uniquement de débats sectoriels sur des sujets divers qui prendront une éternité, mais d’une réflexion globale sur tous les maux qui minent notre société et sur les solutions les plus appropriées.

Port-au-Prince, le 1er mars 2017

​​​​​​​​Rosemond PRADEL
​​​​​​​​Secrétaire Général

mardi 28 février 2017

SOUVENIRS DE CARNAVAL AU PALAIS NATIONAL



SOUVENIRS DE CARNAVAL AU PALAIS NATIONAL DE MICHELE BENNETT DUVALIER.
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Avec Jean Claude, on avait toujours plaisir à regarder le défilé du Carnaval de la pelouse du Palais National. Je me souviendrai toujours du Carnaval de l'année 1985. Pas parce que c'était notre dernier, mais par l'ambiance qui y régnait. C'était la fête. Le peuple était en liesse. C'est à croire que ca allait être la fin du monde et qu'il fallait en profiter un max! Le sourire était sur tous les visages.

La musique des différents orchestres était entraînante. Difficile à dire lequel de ces groupes musicaux était le meilleur. Entre les Frères Déjean de PétionVille, le "Toro" de Coupé Cloué, "volé courant" de DP Express, "kasket sou tète" de Scorpio, "respecter Toto Demosthenes" de Bossa Combo, Shoogar Combo, Tropicana et Tabou Combo, d'ailleurs ces derniers parcouraient Port-au-Prince depuis le vendredi sur le char des frères Acra pour mettre l'ambiance avant le jour d'ouverture du Carnaval. Les Difficiles de PetionVille de mes amis Robert Martino et Henri Celestin, et les Gypsy étaient les idoles de notre jeunesse. Peut être que j'en oublie certains orchestres, Ils me pardonneront.

Impossible de rester assis. Le spectacle était la devant nous. La foule des bandes à pieds se serraient les uns contre les autres. Hommes, femmes dansant lascivement, transpirant, avançaient collés serrés en se déhanchant au rythme de la musique tout en montant devant le Palais. L'ambiance était bon enfant et à la fête. Cette promiscuité de la foule, certes, créait des liens intimes entre hommes et femmes qui aboutissait pour certains 9 mois après, à ce que j'appelais le baby boom du Carnaval. D'ailleurs on s'y préparait à attendre ces naissances à l'Hopital Materno-infantile de Bon Repos que j'avais construit avec ma Fondation.

Malgré le soleil et la chaleur, on s'installait sur la pelouse du Palais des 16h avec les enfants déguisés en cow-boys et indiens, mes sœurs Joan, Chantal et leurs maris et enfants, mes frères Ti Nes, Frantz, Rudy, Ronald et quelques amis. Mes parents, Ernest et Aurore, quant à eux, préféraient rester sur leur stand situé à une cinquantaine de mètres du Palais. Toujours sur la pelouse, étaient posé des glacières remplies de bouteilles d'eau, de boissons gazeuses, bières, rhum, champagne et scotch. Notre chère Madame Wawa nous préparait toujours ses fameux petits plats traditionnels du carnaval, griots, poulets frits, tassots de cabrit, riz pois collés, riz djonjon, bananes pesées, acras, chiquetaille de morue, sandwichs variés de viande, spam ou jambon, le tout accompagné d'un bon picklise. Pour les sucreries, les fameux beignets à la banane, baba au rhum et des petits gâteaux.


Les chars se succédaient les uns après les autres. Suivis de bandes à pieds ou de groupes déguisés. Les bandes de "Charles Oscar" et des "morts vivants" me faisaient toujours peur depuis que j'étais petite et ça n'avait pas changé. Le groupe des "dames gros bonda" m'amusait beaucoup, car la plupart était des hommes déguisés en femme avec les fesses et les hanches proéminentes. C'était un plaisir des yeux que de regarder le spectacle des différentes troupes folkloriques. Quand aux groupes des "jambes de bois" et dès clowns , il faisait la joie des enfants, lesquels entre deux attractions, s'amusaient à tirer des petites flèches à ventouse, ou avec leurs pistolets à eau, sur les soldats de la Garde Présidentielle qui s'arrachaient les cheveux avec eux.



Je trouvais aussi très sympa le groupe des motocyclistes avec à leur tête Yonyon, le nain, qui faisaient leurs pirouettes devant le Palais. J'ai eu la grande surprise de revoir Yonyon a l'Eglise des Frères de Saint-Louis aux funérailles de Jean Claude. J'étais tellement émue que je l'ai serré dans mes bras et je l'ai présenté à Nicolas et Anya. Il m'appelait toujours Manmi et je lui disais que j'étais trop jeune pour qu'il m'appelle ainsi. Mais rien à faire. Ce jour là, il raconta à mes enfants qu'il possédait toujours cette petite maison que je lui avais offerte à Petite Place Cazeau, village que j'avais construit dans les Années 80 et qui existe toujours.

Le char du Ministère du Tourisme était toujours très bien décoré et accueillait très souvent des Reines de beauté. Ces filles étaient sublimes de beauté et ce char avait beaucoup de succès surtout avec la gent masculine qui ne tenait pas en place sur la pelouse. Mon petit frère Ronald, toujours célibataire à l'époque venait d'arriver de Bruxelles où il faisait ses études. Nano trépignait sur place, l'eau à la bouche, à admirer ces jeunes beautés créoles qui saluaient de loin avec des baisers en notre direction. Ronald était un grand coureur de Reines de beauté devant l'Eternel. À ce moment là, il ne pouvait s'empêcher de saisir une bouteille de champagne, des verres et de partir retrouver le char en question pour trinquer avec ces jolies demoiselles! Cela nous faisait rire, car il revenait avec son t-shirt trempé, débraillé après avoir pris quelques coups de "gagan" dans la foule. Ah! Ce cher Nano! Il rééditait le même coup pendant les trois jours. Incorrigible! On disait souvent que pendant le carnaval, tous les couples se disputent et se rabibochent après. Combien de fois ai-je entendu parler d'un mari qui disparaissait pendant les 3 jours du Carnaval et refaisait surface seulement le mercredi des Cendres. Mais il n'y avait pas que mes frères ou les amis qui avaient les yeux baladeurs ou des velléités de jouer au plus fin pendant le carnaval! Jean Claude aussi! J'ai déjà vu des jeunes femmes accrochées aux grilles du Palais pour attirer son attention. Du jamais vu! Le dernier jour, j'ai même vu une de ses ex-copines, une griméle, capable d'éclairer le Champ de Mars à elle seule! Vêtue dans une tenue des plus indécentes, elle s'est donné en spectacle à la foule massée devant le Palais en grimpant à la grille et criant le nom de JCD. Elle n'en avait rien à cirer des sentinelles qui lui demandaient de partir. Observant de loin la manœuvre de cette folle, je dis à Jean Claude que cette personne l'appelait et qu'il devrait peut être aller voir ce qu'elle voulait, il m'a regardé droit dans les yeux et m'a répondu: "Mais Mimi, tu te trompes, je n'ai jamais vu cette femme de ma vie! Je crois qu'elle s'adresse plutôt à l'un de tes frères ou à l'un de nos amis, ou à l'un des Officiers présent!". Quel toupet! Il a fallu envoyer un officier de la Garde Présidentielle aider cette femme à redescendre des grilles où elle a failli perdre son short qui lui arrivait au ras des fesses. Loool! Ah! Ces hommes! Mon père aussi y faisait des siennes de son côté. Combien de fois, ma mère a du aller le récupérer plus loin de leur stand! Car Monsieur avait repéré une jolie femme dans la foule. Tous incorrigibles!


Ma soeur Joan adorait faire rentrer sur la pelouse du Palais, un petit groupe de "Marchandes Feuilles". La spécialité de ces dames étaient les "gros mots". À chaque feuille dans leur panier, elles donnaient un nom et racontaient une histoire grivoise. Elles étaient comme des diseuses de bonne aventure mais tout dans un langage de charretière. Un après-midi, Jean Claude s'est approché pour écouter ce qu'elles disaient à Joan qui s'était mise à l'écart des oreilles chastes. Des qu'elles l'ont vu, elles ont perdu la parole! Et JCD de leur dire de continuer, mais rien à faire. Elles répondaient presque toutes en coeur: "Papa, Nou pas capable di bêtise devan ou, c Président ou yé". JCD s'éloignait en riant non sans avoir donné quelques billets à ces dames. Quand à Joan, elle apprenait si vite les leçons de ces dames, qu'à la fin de la consultation, c'est elle qui leur vendait des feuilles. L'élève avait dépassé le maître. Découragées, elles regardaient Joan en la toisant et disait "Tchuipp! Ou pas vlé vini avec nous lan bande lan pitit?"

Mon kif à moi et aux enfants, était de faire chercher les marchands de fresco et de ice cream en début de soirée. Ah ces boîtes jaunes roulantes de "Red Rose".J'adorais leur frutty bar! Les meilleurs. Je ne peux m'empêcher d'ailleurs d'avoir une pensée affectueuse pour mon amie Boubou Vieux Martin qui en était la propriétaire. Les enfants eux préféraient les esquimos, la glace recouverte de chocolat. N'étant pas une grande mangeuse, Et ne buvant pas d'alcool, je me délectais de fresco et de frutty bars.

Chaque chef de bande à pied était autorisé à rentrer au Palais saluer le Président. C'était une tradition que JCD avait lui même instaurée. Il leur faisait toujours un brin de causette, leur offrait à boire et à manger et il repartait toujours avec une certaine somme à partager avec les autres membres du groupe.

C'était toujours pendant le carnaval que je revoyais des amis perdus de vue ou que je ne voyais pas souvent. Chaque char s'arrêtait pour jouer un hymne ou une musique spéciale pour le Président. Beaucoup de membres du secteur privé avaient leur propre char décoré au nom de leurs entreprises avec à leur bord famille et amis, et souvent un orchestre ou un Dj à bord. A cette époque, c'était la joie de vivre et on se sentait en sécurité. Tous les chars s'arrêtaient devant le Palais pendant quelques minutes où l'ambiance était toujours à son paroxysme. J'ai connu cette ambiance sur un char quand j'étais jeune fille de 18, 19 ans, invitée par mes amis les Frères Coles et Madsen. À bord, on était un groupe d'amis, filles et garçons qui s'amusaient comme des fous et j'en garde de précieux souvenirs.

Le passage du Roi et de la Reine du carnaval était aussi assez remarqué. Le Maire de Port-au-Prince les accompagnait toujours pour venir nous saluer et prendre un verre avec nous le premier et le dernier jour des festivités.

Je garde précieusement dans un coin de ma tête ces précieux souvenirs du Carnaval de 1985 dont j 'ai voulu aujourd'hui en partager une partie avec vous. Haiti était la Perle des Antilles.

En écrivant ce texte, j'ai eu une grande pensée pour Jean Claude, Joan, Rudy, Didi, Brip, Gégé et Michael. Ils aimaient tous la vie et on les aimait. Ils nous manquent à tous.

Michèle Bennett Duvalier
Paris, France
Le 28 Février 2017

dimanche 26 février 2017

Le président du sénat de la république, Youri Latortue, lance un appel à la candidature.

Sénateur Youri Latortue
Le président du sénat de la république, Youri Latortue, a lancé jeudi, un appel candidature pour les 6 postes vacants á la Cour de cassation de la république et un autre à la Direction de l'Office de la protection du citoyen (OPC).

S'exprimant dans le cadre d'une conférence de presse au Palais législatif , le sénateur Latortue, a indiqué que les intéressés doivent répondre aux critères suivants:

Etre âgé de 65 ans,
Avoir 7 années d'expérience au moins, comme juge
Avoir un diplôme de licencié en droit.
Avoir un certificat de bonne vie et mœurs
Un certificat délivré par le Barreau
Un certificat de décharge si le postulant assurait la gestion des deniers publics
Avoir un passeport, un casier judiciaire vierge et une lettre de motivation.

Les intéressés doivent passer au Secrétariat du Sénat du 02 au 10 mars, pour faire le dépôt de leur document.

Concernant l'OPC, les postulants doivent remplir certaines formalités a fait savoir Youri Latortue.

Source : Le National